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mardi 17 novembre 2009

Droit à la sécurité et droit à l'oubli

A l'heure où le gouvernement débat d'une Nième loi sur la récidive (N étant très grand), il faut se poser la question du droit à l'oubli et à la ré-insertion. Bien entendu, on doit penser aux victimes. Ai-je envie que ma petite fille de 2 ans 1/2 soit protégée de dangereux pédophiles ? La réponse est évidente et universelle. Faut-il pour autant réagir de façon émotionnelle et irrationnelle ? Non.
Parmi les amendements proposés et parmi les voix que l'on entend en ce moment (Georges Fenech par exemple), apparaît la nécessité d'informer les maires et/ou commissariats des communes (voire instituteurs ou éducateurs sportifs) où résident des délinquants sexuels voire des personnes condamnées tout court.
Vous voulez voir ce que ça peut donner ? Facile, l'état de Georgie aux USA a mis en place un site web permettant de localiser les criminels sexuels. Big brother à l'oeuvre.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Dans un village ou une bourgade, si le maire ou d'autres sont au courant, tout le monde sera fatalement au courant sous peu. Conséquence : la réinsertion sera impossible. Et l'on va créer des parias pour la société, des désespérés qui ne pourront trouver ni travail, ni femme, ni lieu pour vivre en paix. Or, on parle d'un taux de récidive de 1,5 à 2% pour les crimes sexuels. Cela veut dire que 98% ne récidivent pas ... Or, si on leur interdit toute ré-insertion et toute vie dans la société, il y a une chance non négligeable qu'une part de ces 98% récidivent ...
On passe ainsi de l'émotion à la contre-productivité.

2 commentaires:

  1. Je suis étonné que tu n'abordes pas le thème de la castration chimique pour la ré-insertion suite à un crime sexuel. Dans un article du Monde d'hier on peut même lire que les "patients" se disent "apaisés". Peut-être un moyen d'apaiser en premier lieu la population ?

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  2. J'ai en fait volontairement abordé un seul angle d'un sujet qui en comporte pas mal qui est celui du droit à l'oubli (ou du fichage selon le bout par lequel on le prend ...).
    Pour la castration chimique, le terme me paraît déjà impropre (je repense à une intervention de Badinter sur F.Inter). Pour ce qui est des traitements hormonaux tendant à faire baisser la libido (appelons les THBL, doit y avoir un vrai acronyme mais j'ai la flemme de le chercher), je ne sais trop quoi en penser.
    1. En comprimés, je n'y crois pas. Si le mec est vraiment dangereux, on ne peut pas laisser la responsabilité au mec de se traiter lui-même
    2. En injection, ça existe aussi. Mais ça n'est pas 100% sur AMHA. Il doit exister des antidotes pour faire remonter la testo donc la encore pas sur à 100%
    3. Baisse de testostérone n'égal pas forcément baisse de la violence. La violence envers les enfants est plus due à un faille dans le cerveau que dans les couilles. Certes, la testo augmente la Libido (donc le Ca) et tend à augmenter la perversité. Mais ça n'est pas si automatique que ça je pense ..
    4. Un violeur d'enfant rendu impuissant peut se transformer en tueur (frustration de l'impuissance ...). De nombreux violeurs/serial killers sont impuissant

    Donc en gros je suis pour mais je ne pense pas que ce soit une solution magique, de très loin !!!

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