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lundi 2 novembre 2009

Effondrement


Encore un livre lu l'été, encore de l'exercice pour les avant-bras (900 pages) mais la comparaison avec un Monde sans fin s'arrête là. Nous avons ici à faire à un essai passionnant écrit par un physiologue/biologiste américain qui a pas mal bourlingué notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Je suis tombé sur ce livre par hasard au détour d'un article puis je me suis rendu compte à 2 reprises qu'il avait apparemment quelque succès. Tant mieux !
Il y avait en fait un léger hiatus au départ. J'ai acheté ce livre car j'ai toujours été assez fasciné par les cycles de civilisation (apogée/effondrement). Je suis d'ailleurs tout à fait convaincu que notre civilisation mondiale a déjà atteint (ou dépassé ?) son apogée et que la chute est proche. Je ne saurai pas dire quel phénomène va entraîne la fin (écologie ? guerre ? virus ? tout à la fois) mais je suis assez enclin à croire que le monde tel qu'on le connaît (It's the end of the world as we know it (and I like it), REM ...) aura disparu dans peu de temps (disons de quelques années à quelques décennies au maximum). Je ne suis même pas écologiste car je pense qu'il est de toute façon trop tard, la machine est folle et personne, pas même le plus puissant, ne peut l'arrêter (à ce propos, relire Ravages de Barjavel). Bref,j'arrête mes prophéties apocalyptiques ici.
Hiatus donc car le livre traite de l'effondrement sous l'angle écologique, ou tout du moins celui des ressources (et de son épuisement ...). Or, comme dit plus haut, l'écologie ne me passionne pas plus que ça. Ceci dit, la largeur de champ du livre est suffisante pour ne pas tout axer sur le sujet et surtout l'auteur a une vue très éloignée de l'écolo-hystérie que l'on rencontre souvent ces derniers temps (cf journal de F2 hier avec la "rentrée verte" avec des stylos biodégradables ... que l'on va acheter en 4x4 ...).
On entre alors dans la description d'effondrements de sociétés anciennes (la fascinante Ile de Pacques, les ilots de Pitcairn - qui a abrité les révoltés du Bounty dont j'ai appris ce matin même au ptidej que c'étaient un peu des violeurs/pédophiles - & Henderson, les Anasazis dont on peut voir des ruines dans le Sud-Ouest américain, les Mayas ou encore le peuplement Viking au Groënland). ces récits sont passionnants à plus d'un titre : comprendre comment les archéologues résuscitent le passé (en étudiant les poubelles alimentaires notamment !), revivre les moeurs de ces époques, découvrir les trésors d'intelligence déployés pour résistes à des environnements hostiles (froid, sécheresse, chaleur, ...) mais aussi quels mécanismes ont fait qu'ils ont été à leur perte (qu'a pensé l'habitant de l'Ile de Pacques qui a coupé le dernier arbre ?) ... on reboucle ici sur des questions passionnantes de psychologie des masses & de sociologie qui peuvent aider à comprendre des mécanismes de décisions qui entraînent la perte de tous. J'ai pu expérimenter ces processus en live sur la plage en lisant ce livre auprès de ma chère mère ("Polluer moins ? Oui bon pourquoi pas mais enfin à quoi ça sert avec tout ce que les chinois polluent ou vont polluer ?"). Ma mère aurait pu vivre sur l'Ile de Pacques ...
Mais l'auteur ne donne pas que des exemples d'effrondrements, il cite aussi des exemples de résilience (Islande, Japon, ...) et souligne à de nombreuses reprises qu'il ne faut pas céder à un "éco-déterminisme" (le titre complet est d'ailleurs Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie). L'exemple le plus frappant est celui d'Haïti / République Dominicaine. Il fait aussi le point sur la situation de pays modernes (le Montana, la Chine, l'Australie, ...) qui malheureusement font assez froid dans le dos (notamment le cas de l'Australie, ce qui me désole, connaissant la beauté magique de ce pays).
A la lecture de tout cela, je me rend compte que j'ai appris énormément de choses notamment concernant la (dé)forestation ou encore la fertilité des sols (rôle des poussières ou retombées volcaniques ou encore salinisation par osmose). Tout ceci me renforce dans ma conviction d'un fin proche de la civilisation, notamment à la lecture du chapitre sur l'Australie (que l'auteur place d'ailleurs à l'avant-garde des périls ...). A la différence de l'auteur qui lui plaide pour une prise de conscience et un sauvetage planétaire (ce qui différencie l'optimiste et le réaliste-à-tendance-pessimiste que je suis ...). Je pense malheureusement qu'il est dans la nature de l'homme de courir à sa propre perte (je dis bien dans la nature même de l'homme et non dans le système capitaliste ou encore libéral ...), Sigmund ou encore Keynes avaient bien raison là-dessus ... En parlant de Sigmund, il est temps que je lise Malaise dans la culture à ce sujet. Cette propension de l'homme a détruire et s'auto-détruire a quelque chose de troublant et mystique à la fois. Une composante qui ajoute à la tragédie de la condition humaine, qui reste bien entière malgré la mine d'information qu'est ce livre !
A lire de tout urgence ... pour devenir écolo ou pessismiste (un optimiste est un pessimiste qui n'a pas toutes les infos ...).

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