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samedi 28 novembre 2009

Fous du foot

Ecouté hier soir sur France Info : "Pas grand chose pour le WE sportif, si ce n'est bien sur la 15ème journée du Championnat de France". C'est vrai que la 14ème ou la 16ème, c'est pas super important mais alors la 15ème !!!! Bon, il a également très rapidement mentionné la journée du Top 14 de rugby.
C'est étonnant car moi, j'avais noté sur mes tablettes les demi-finales et finale du Masters de Tennis, tournoi le plus important après les Grand Chelem. Le tennis est presque aussi pratiqué que le foot, qui n'est que le 11ème sport le plus pratiqué en France (le vélo est en tête).
Pourquoi ce primat du foot dans les médias ? Vous allez me dire que c'est le sport le plus populaire. Vrai. Mais est-il sur-représenté dans les médias à cause de sa sur- popularité ou est-il sur-populaire à cause de sa sur-représentation dans les médias ? Eternel débat sur la poule et l'oeuf. En tout cas, il semble évident qu'il y a une boucle de rétroaction "positive". Le tennis, diffusé une fois par an sur les grands medias pour Roland-Garros, enregistre de bonnes audiences. Et pourtant, aucune autre épreuve n'est diffusée pendant l'année. Idem pour le vélo et le Tour de France (ah si Paris-Roubaix). Je pense que certains sports n'étant aucunement médiatisés sur les grandes chaînes pourraient être populaires (ils le sont dans d'autres pays) : slalom spécial (les 2èmes manches, outre l'intérêt esthétique, présentent une dramaturgie très forte) ou encore le biathlon.
Mais cela demanderait une audace qui est absente des grands medias : un match de foot, c'est de l'audience assurée. Une 2ème manche de slalom ? On ne sait pas .. alors on passe.

J'en profite pour glisser la critique d'un livre sympathique pour tous ceux que, comme moi, le foot énerve :



Evidemment, tous les thuriféraires du dieu football vont bondir à la lecture de cette critique (ne serait-ce qu'au titre du livre). Personnellement, je n'aime pas le football (juste que le jeu lui-même m'ennuie au même titre que le curling) et surtout le déchaînement aveugle des passions (bagarres dans les stades mais aussi peopelisation à outrance, surmédiatisation (mercato estival par exemple), ...) m'horripile.
Donc ce livre était fait pour moi. Le livre est intelligent, documenté, fouillé. On peut néanmoins lui reprocher de sursouligner certains propos inutilement. La critique sociale n'en reste pas moins tout à fait solide, avec le football en prolongement du 'panum et circenses' romain ... Deux millénaires plus tard et toujours les mêmes pulsions à l'oeuvre : pulsions profondes (Ca, pulsion sexuelle primaire, refoulements) entraînant un déchaînement de violence (réelles ou figurées avec la haine de l'adverse - version légèrement soft du nationalisme). On remarquera d'autant plus le lien avec la pulsion sexuelle primaire que les prostituées campaient déjà près du Coliseum et que des bordels géants avaient été installés lors de la dernière Coupe du Monde ... Eternel aller/retour entre Eros et Thanatos.
Les analyses des dynamiques de foule sont également très appropriées car elles sont au coeur du mécanisme à l'oeuvre ici, que les foules soient physiquement rassemblées ou virtuellement connectées (TV).
Il est étonnant de constater que ce livre peut être vu comme le pendant du livre de Debray sur les "Communions Humaines" où pour lui le sacré s'est déplacé des événements religieux vers des événements païens ... comme les matchs de football.
Exutoire des basses pulsions d'un côté, recherche de sacré de l'autre ... Où est la vérité ? Ou peut-être les deux visions sont-elles la vérité ?

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