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samedi 7 novembre 2009

Le dieu PIB


L'ensemble du monde, au moins le monde dit "occidental" est assujetti au dieu PIB et à son prophète, la croissance. Les religions se sont affadies mais les peuples et leurs gouvernants, de Seoul à Paris, de Londres à Los Angeles, prient, se prosternent et font des offrandes à ce dieu capricieux qui semble se refuser à nous en ce moment. Tout l'échiquier politique, pour des raisons diverses mais convergentes, se sont elles aussi converties à ce culte moderne. Culte auquel adhèrent d'un même élan syndicats, ONG, think-tanks, ... Seuls quelques groupuscules altermondialistes pronent la décroissance, mais, agissant ainsi, ils se référent encore, en creux, au PIB.
Mais qui est ce nouveau Dieu ? Qu'en connait-on ? De quelle essence est-il fait ? C'est le coeur de cet essai, qui est bien plus un essai de philosophie politique que d'économie, même si bien sur l'économie est forcément sous-jacente pour traiter un tel sujet. Que mesure le PIB ? Qu'inclue-t-il et que n'inclue-t-il pas ? Permet-il de mesurer le bien-etre d'une société ? Certainement pas ... Mesure-t-il au moins l'activité économique .. bien partiellement. Alors existe-t-il d'autres indicateurs, sinon existants, au moins possibles ? La progression d'une "civilisation" (s'il existe bien une flèche de progression ... ce dont on peut légitimement douter) est-elle réductible à un indice composite tel un CAC40 de nos progrès quotidiens ou trimestriels ? Qui doit définir ce qu'incluerait un tel indice ?
Notons qu'un certain Nicolas S. a enrôlé le fameux Joseph Stiglitz pour s'atteler à ce grand oeuvre. Du quoi accouchera cette nouvelle commission Théodule ? mystère ...
En tout cas, autant de questions fondamentales sur nos sociétés modernes, notamment en ces temps de crise économique. La relance, oui, mais la relance vers quoi ? Un ouvrage salutaire !

4 commentaires:

  1. Il est amusant de constater combien le martèlement médiatique sur le sujet nous conditionne : la croissance, mais de quoi ? Dans le cas qui nous intéresse, c'est implicitement du PIB dont il est question...

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  2. @jyria : j'aurais du me douter qui se cachait derrière le pseudo.
    Oui, la croissance est implicitement celle du PIB. Le plus malheureux, c'est que même ma décroissance de certains écolos réfère aussi au PIB ...

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  3. Le PIB c'est comme la température, on la mesure tout le temps, on s'inquiète si elle varie trôt... Ce n'est pas la cause ni l'explication des maladies, pourtant c'est un bon outil simple à mettre en oeuvre. Le PIB n'a qu'un seul mérite c'est d'être calculable sans (trop) d'artifice, en étant relié à ce que l'immense majorité des être humains recherchent : l'argent.

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  4. Pas d'accord Laurent, la mesure de la température est la mesure OBJECTIVE d'une donnée physique. On peut la représenter de différente façon (°C, °F, K) mais elle représente une grandeur OBJECTIVE. Après, son utilisation, c'est autre chose.
    Le PIB est un indice composite, calculé avec beaucoup d'artifices à mon avis (contrairement au tien et à celui d'autres style Stiglitz), notamment le fait que les services publics (et autres services non marchands) ne soient pas pris en compte !
    Ensuite, son utilisation pose problème. La température sert à savoir si l'on va avoir chaud ou froid. On ne cherche pas à lui faire dire qu'il va y avoir une crise pétrolière ou un changement d'orbite d'une météorite (ou alors c'est une erreur). Or, le PIB, on s'en sert pour tout et rien et c'est le second problème !

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