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vendredi 20 novembre 2009

Main de Dieu ou doigt dans l'oeil ?

La main de Thierry Henry fait couler beaucoup d'encre. Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas vu le match, ni les images après coup et je n'ai pas envie de les voir. Pour tout avouer, j'eus préféré l'élimination de la France. Le foot me barbe et je déprime d'avance de la saturation médiatique coupe-du-mondesque de 2010 ... Et Toulalan, il a bien fait popo ? Et Ribery, l'a pas mal à la papatte ? Une déclaration suite au repas de midi, Raymond ? Bien passées les lentilles ? Pas trop froid dans le Pullman pour rentrer à l'hôtel ?
Mais bon, cette fois, ça m'interpelle. Il fut un temps où, dans les sports collectifs, nous étions une nation de loosers. Une nation de loosers glorieux, avec du panache, en rugby comme en foot (remember Seville 1982). Les footeux ont prouvé en 1998 que l'on savait gagner, les handballeurs aussi. Mais de panache, il n'en est plus question. Et pour cause, le foot est à la pointe de l'ultra-libéralisme : peu importe la méthode, pourvu qu'on ait le pognon. Et Thierry Henry ne s'en cache pas. "J'ai mis la main. L'arbitre n'avait qu'à voir". Pas vu, pas pris. Un peu comme les traders, non ? Tant qu'ils ne sont pas pris la main dans le bocal de confiture, ils peuvent s'empiffrer !
Et dire que le même Thierry Henry va ensuite nous faire part de son engagement pour l'intégration ou contre le racisme. Que vaut la parole d'un mec qui montre un tel cynisme ? Est-ce un exemple d'intégration comme l'on veut le pousser à l'être ("ben oui je vais du $$$ en vendant du teuch mais bon tant que la police ne voit pas ...").
Je préférais quand on était des loosers magnifiques (reviens Jean-Pierres Rives !).

1 commentaire:

  1. Entièrement d'accord avec toi.
    On les reconnaissait les sportifs français, ils faisaient des quarts de finale magnifiques, des finales avant la finale, des demi-finales dramatiques où ils perdaient dans les prolongations ou aux penalties ou alors le gardien se faisait défoncer par un attaquant allemand ou alors un italien marquait suite à une faute et on en parlait pendant des années, ça faisait partie de la mythologie collective, on avait du respect pour ça...

    Et si jamais on gagnait, ça n'arrivait pas souvent, c'était exceptionnel, jamais un français ne se maintenant très longtemps dans les meilleurs joueurs de l'ATP au tennis, non. Il fallait un Yannick Noah, qui arrachait la victoire au 5ème set après avoir sué pendant des heures. Il fallait qu'il y ait une dramaturgie, on ne se contentait pas de victoires faciles...

    Et puis les français ont fini par céder:
    Ils se sont dit qu'après tout, c'est les américains qui avaient raison, que le libéralisme est le seul système possible, que les hamburgers, c'est pas si mauvais, que le panache, c'est bien mais la victoire c'est mieux (même en trichant)...

    Je suis d'accord avec toi Nico:
    Mieux vaut une défaite éclatante qu'une victoire à la Pyrrhus dans laquelle on perd son âme.

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