BO du Blog

samedi 26 décembre 2009

Etre et avoir été

On ne peut pas être et avoir été
Proverbe français


J'ai regardé l'autre soir Fabius qui était invité de Demorand à "C politique" sur France 5. Il m'a fait terriblement pitié. D'abord, il ne semblait pas avoir grand chose à raconter. Il feignait de s'indigner, pour Copenhague, la politique de Sarkozy, Besson, ... mais tout semblait feint dans son attitude (ce type est l'antithèse du naturel). Il partait dans de pénibles envolées avant de terminer sur un hésitant "c'est nul", "c'est lamentable". On s'attendait à le voir bégayait un "prout" ou un "zut". Il n'a pas le lyrisme un peu désuet d'un De Villepin, il s'indigne comme un bourgeois à qui on aurait renversé du Coca sur les Berlutti, pas de réparties, bref il tourne à vide.

Le plus pathétique est quand Demorand l'a interrogé sur ses ambitions pour 2012, non sans avoir rappelé la déculottée qu'il s'était pris aux primaires de 2007. Fabius, comme de bien entendu, lui a répondu que non, bien sur, il n'était pas en situation, qu'il conduisait avec passion la politique du Grand-Quevilly (!), qu'il était loin de tout ça mais que, enfin, bon, s'il y avait moyen, sur un malentendu ...

Tout cela était bien triste. Il m'a fait penser à un reportage il y a quelques années sur Jean-Luc Lahaye. Vous vous rappelez de Jean-Luc, les années 80, la TV paillette TF1/La 5, les chorégraphies avec l'innovation majeure du micro-casque-pilote d'hélicoptère-like. Ce brave Jean-Luc racontait comment il était devenu d'un coup un pur ringuard et était devenu tricard à la TV. Plus de téléphone qui sonne, les amis qui se barrent, les types de la TV qui le courtisaient qui l'évitent comme un pestiféré. Et lui qui racontait le manque, la blessure à l'ego et surtout avec une franchise désarmante comment il était prêt à tout pour revenir, faire la météo, le télé-achat, le loto, le millionnaire, n'importe quelle connerie du moment qu'il est devant la caméra.

Ben voilà, Fabius m'a fait penser à ça. Voilà un type qui a été le plus jeune Premier Ministre de la Vème République (à 38 ans !), soit le n°2 de l'Etat dans la hiérarchie officieuse. Alors quoi après ? président ? il doit bien sentir que c'est mal barré, manque de charisme, manque de ce petit quelque chose qui permet d'aller un poil plus haut. Bon, pendant 15 ans, il a quand même eu des choses sympas : le perchoir, ministre de l'économie et puis le désert. Alors, il tente tout : se faire passer pour un gauchiste (à peu près aussi crédible que Balladur faisant du kite-surf), faire un livre où il se présente comme un gars sympa comme tout le monde qui mange des carottes et aime la moto, nonniste à l'Europe pour prendre le contre-pied de tout le monde et par pur calcul politique foireux. Mais rien ne marche vraiment. Fabius est un has-been. La politique est cruelle. On ne peut pas être et avoir été.

1 commentaire:

  1. Si tous les has been devaient quitter les plateaux TV et radio, ce serait... le silence des agneaux 24/24 ! :-))

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