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dimanche 13 décembre 2009

Un ouvrage didactique sur l'économie


L'ambition du livre de Cohen, que j'ai personnellement découvert par l'excellent "Trois leçons-leçons sur la société post-industrielle" est de rebalayer l'histoire économique, installé, comme il le dit, sur les épaules de quelques géants. Parmi ces géants, citons pêle-mêle, Say (quoique ...), Malthus, Ricardo, Keynes, Marx, Friedman, Smith, Kondratiev.

Disons-le tout de suite, ce livre ne s'adresse pas à tous les publics :

- les amateurs avertis de l'économie n'apprendront pas grand chose et resteront sur leur faim
- les néophytes pourront découvrir la saga de l'Homme et de l'économie sur un ton didactique et une forme accessible jusqu'à ce qui fait leur quotidien actuellement : la crise économique amorcée par l'effondrement des subprimes
- ceux qui sont entre les deux, comme moi, connaissant les fondements de la pensées des maîtres pré-cités sans forcément en avoir lu tous les ouvrages (!) retrouveront une agréable mise en perspective historique se lisant facilement (24h pour ma part)

La force de Cohen est de trouver le juste milieu entre l'ouvrage surdocumenté fermé aux profanes et la vulgarisation vidée de sa complexité.

J'ai particulièrement apprécié les passerelles avec l'évolution globale humaine (et notamment le ouvrages de Jared Diamond que je viens de terminer) et l'emphase sur le point d'inflexion majeur qu'a été le développement de l'agriculture (que l'on prend à tort pour une évolution naturelle et binairement bienfaitrice) ; la réhabilitation de Malthus que l'on a, je pense, a tort ringardisé (à la fois car l'on pensait avoir vaincu sa "malédiction" et que sa pensée est hors-champ du politiquement correct) ; l'explication pratique de la crise des subprimes et de ses conséquences (même si elle n'apporte que peu de plus-values pour ceux qui auront décryptés la crise au travers de la presse avec un peu d'attention) ; l'ouverture à l'Inde et à la Chine qui ne manque pas de finesse et sort des poncifs habituels ; l'ouverture sur la psychologie individuelle et des masses, notamment en matière de consommation et de (non)satisfaction, avec des références appuyées à Keynes, entre les lignes à Freud et la prise en compte du travail important de la psycho-sociale de la seconde moitié du XXème siècle ; une exégèse mesurée et intéressante des cycles de Kondratiev.

Un ouvrage de vulgarisation, au bon sens du terme, brillant et tout-terrain.

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