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vendredi 29 janvier 2010

Borderline people


Adam Haslett est américain mais a grandi entre les US et l'Angleterre ce qui se reflète dans ce recueil de nouvelles, son premier, précédé d'une grosse réputation (il a été finaliste du Pulitzer 2003 et du National Book Award 2002). Il a étudié avec Jonathan Frantzen et c'est vrai qu'on sent une parenté avec le Frantzen des Corrections, notamment sur les aspects liés aux dérives mentales.
Ce recueil est constitué de 9 nouvelles. Elles portent toutes sur des personnages désenchantés, déglingués, borderline. Le sujet de la maladie mentale est présent dans quasiment chacune des nouvelles, notamment la bipolarité (mais aussi la dépression ou encore la schizophrénie). Haslett semble notamment nourrir une vraie obsession pour l'époque de la fin de l'adolescence / début de l'âge adulte, qu'il évoque soit par des personnages de cet âge, soit par les souvenirs de personnage plus vieux. On sent que pour lui, 20 ans est l'âge de tous les possibles mais aussi l'âge du possible négatif, l'âge où on peut sortir des rails, sortir du chemin de la vie en essayant de trouver le sien.
Le désenchantement est omniprésent et on a l'impression constante d'évoluer sous un ciel lourd. Cela pourrait être glauque si l'on ne ressentait pas une vraie empathie pour les personnages, dont la psychologie tourmentée est dessinée avec finesse et justesse. Je pense notamment au très beau portrait d'une Emma Bovary moderne de l'Est des Etats-Unis.
Des nouvelles qui sonnent juste, des personnages à la lisière de la folie, un climat lourd et parfaitement rendu, c'est une très grosse réussite pour un premier recueil de nouvelles et je l'ai trouvé tout à fait à la hauteur de sa réputation.

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