BO du Blog

mercredi 13 janvier 2010

Dark dreaming myself

J'avais annoncé dans un post il y a maintenant six jours une interruption du son et de l'image (si je puis dire) due à l'irruption soudaine et brutale de mon dark passenger. C'est aussi le cas sur mon LibéBlog où je m'étais fixé 2 posts par semaine ; je n'en ai fait qu'un la semaine dernière (pas très bon mais qui a tapé 9.000 visites ... étonnant ...) et aucun cette semaine.
J'imagine que tout ceci peut paraître assez sybillin alors je vais vous présenter un
peu ce cher passager sombre (parlons français). L'expression est en référence à la série Dexter dont j'ai fait un bout d'exégèse dans ce blog, tout comme le titre de ce post (c'est le roman qui a inspiré la série (remplacez juste myself par Dexter ...)).
La littérature est mon terrain préféré pour m'identifier, fantasmer, me tendre un miroir de ce que je suis. Je suis assez hermétique à d'autres formes d'art, que ce soit le cinéma, la danse, la peinture, le théâtre ou que sais-je. Vous allez me dire que je suis étroit d'esprit, peut-être. Le fait est que je n'arrive à retrouver des émotions intenses qui "laissent des traces" que dans les livres ... et les séries. Pas toutes (mais pas tous les livres non plus) mais certains personnages ont laissé
une trace durable en moi : le Nate Fisher de six Feet Under, le Tony Soprano des Sopranos (pas tant pour le côté mafieux que pour celui, plus subtil, de la mid-life crisis, du rapport à l'éducation et au modèle parental).
Pour ce qui est de Dexter, je vous rassure, je m'identifie peu à l'aspect Serial Killer. Pas de révélation de ce côté-là; je ne me relève pas la nuit pour trucider des quidams. Mais cette série peut être vue à plusieurs niveaux. Comme je l'ai indiqué dans le post précédent, je pense qu'il y a une lecture très déterministe à cette série. Je ne suis pas un fanatique du déterminisme, bien
que Houellebecq me fasse pencher vers ce côté de la balance ... Mais qui peut aimer le déterminisme ? Admettre que nous sommes de quelque façon programmés pour agir d'une certaine façon, que quelque soit nos actions, une force antagoniste inconsciente nous ramène vers un point d'équilibre (ou de déséquilibre) qui échappe à notre libre arbitre ?
Et pourtant, force est d'admettre que le déterminisme a une place évidente dans notre vie. Je n'irai pas jusqu'à dire, comme Houellebecq (je cite de mémoire) que
"le hasard existe pour nous distraire de l'évidence du déterminisme"
mais certains signes montrent qu'il est bien là. Quand on a 20 ans, on se positionne par rapport au modèle parental. On en rejette une partie, on adhère à une autre. On fait un certain tri ... Arrivant vers la quarantaine, on se rend compte qu'on commence à ressembler à ses parents, dans les bons côtés auxquels on avait adhéré à la vingtaine mais aussi par certains penchants qu'on avait détestés. Si ça n'est pasdu déterminisme ...
L'ambiguïté du déterminisme, c'est qu'elle se rapproche de l'idée de destin, de mektoub auquel je ne crois pas. Je n'adhère absolument pas à l'idée que quelques parts dans les étoiles, notre destinée est déjà écrite. Conneries new-age.
Mais que l'endroit et le moment où l'on est né, notre éducation, notre milieu aient une influence oui. Pas au sens où l'entend Elizabeth Tessier ... Mais disons que c'est un peu comme au tennis, la façon dont est frappée la balle influence toute sa trajectoire. Le vent, le rebond peuvent donner des résultats inattendus mais globalement, à l'impact, la messe est dite.
Bon, je crois que j'ai un peu digressé ... tout cela pour dire que le déterminisme dans Dexter et l'aspect du dark passenger
est pour moi (mais peut-être est-ce une lecture purement personnelle orientée par ma psyché) une métaphore de l'importance de notre départ dans la vie (la mort violente de sa mère pour Dexter) et du poids des bagages plus ou moins lourds que nous trimballons dans notre inconscient par la suite (l'instince de mort pour Dexter).
Ainsi, pour moi, le dark passenger me renvoie l'image d'un aspect de moi-même, d'un autre moi, logé au détour de quelque système lymbique ou réseau neuronal. Comme pour Dexter, ce passager sombre (la notion de
passager me plait beaucoup dans la métaphore ... ça n'est pas le pilote mais quelque chose d'embarqué, qui peut être clandestin, mais qui est très proche du pilote et peut le faire sortir de la route) est parfois une arrière-pensée en fonds de l'esprit et parfois il prend le devant de la scène, s'accapare la lumière du projecteur, pousse le conducteur hors de la voiture et prend le volant.

I'm just another empty head
That's why I'm lonely
I'm so lonely
But I know what I'm gonna do -
I'm gonna ride on
Ride on

AC/DC - Ride on


Je ne sais pas depuis combien de temps le passage sombre est en moi. Peut-être depuis toujours, peut-être m'a-t-il toujours accompagné, a-t-il tété à mes biberons et a grandi en mon sein. Ou est-il apparu plus tard, au détour d'un hasard ou par le jeu d'une bombe à retardement qui avait été placée là ? Je ne le saurai jamais.
Il s'est manifesté de façon tangible aux alentours de la vingtaine, dans l'époque tourmentée des études, naviguant entre cours (un peu), copains (pas mal), picole et autres substances psychotropes (beaucoup), hésitant entre l'ivresse d'une vie en roue libre et la colère de la perte de ces "soi-isant meilleures années de notre vie" en cours inutiles, amphis tristes et TPs sans envie.
Dans cette vie chancelante, un peu démembrée, destructurée, il est facilement passé inaperçu. Il s'est glissé incognito entre deux fêtes, cuites ou nuits blanches. Le terrain de la nuit lui est favorable, c'est son domaine, son repaire, là où il se meut avec le plus d'aisance. Aussi, je ne l'ai pas vu venir. Mais il était bien là, tapi dans un recoin, passant d'un silence pouvant durer des mois voire des années, comme si le passager s'était, tel un clandestin, caché dans le coffre, à un vacarme
aussi soudain qu'envahissant.
Je me suis donc glissé avec délice dans les eaux du déni. J'ai réfusé de voir cette être sombre résider en mon âme. Par peur de l'affronter ou même seulement de le regarder dans les yeux, j'ai préféré ignorer son existence malgré toutes les évidences. Mais le passager sombre est tenace. Il ne peut supporter l'indifférence. Alors il s'est fait plus envahissant, plus présent. Il a pris le volant plus souvent, s'est fait plus ingérant, plus invasif. Il criait pour que j'ose enfin lever les yeux sur lui.
Il m'a fallu plus de dix années pour accepter le fait d'héberger ce parasite en mon sein, de le comprendre, de l'intégrer, de le regarder. Encore faut-il ensuite accepter le fait que je le nourrisse de mon sang, de mon énergie, de ma rage, de ma colère. Car oui, il y a toujours eu de la colère en moi. Là aussi, j'ai du en accepter l'augure. Je pense que je ne serai jamais de ceux qui font du zen et donc quelque part du renoncement un art de vivre. Je ne suis pas une bonne recrue pour le bouddhisme.

Anger is a gift

Rage Against the Machine / Freedom


Cette acceptation de la colère a été beaucoup plus facile que celle du passager sombre. J'ai l'impression d'avoir hérité très jeune d'une certaine lucidité, peut-être en rapport avec mon psychisme comme je l'expliquais dans un post précédent. En fait, je ne me rappelle pas avoir été jeune un jour, j'ai parfois l'impression d'être né à 12 ans ou d'avoir débarqué d'un vaisseau spatial. Il faut que je songe à en parler sérieusement avec mes parents (ou Fox Mulder ?) ... C'est comme si la bande de mes jeunes années était effacée par une fausse manip'. Je me suis aussi souvent interrogé si quelque traumatisme avait pu causer cette effacement ... je devrais arrêter de lire Freud ...
N'empêche, je n'ai des souvenirs de pensée qu'adulte ou adolescent éventuellement, j'ai toujours eu l'impression d'être vieux en quelque sorte, plus lucide que mon âge. Qu'en j'y pense, je n'ai pas de souvenirs d'un temps de l'innocence. Voilà, mon
innocence m'a été volée. Ou elle n'a jamais existée. Je vais porter plainte contre X pour vol d'innocence. Que le parquet se mette sur l'affaire.
Lucidité donc, extra-lucidité même (maraboutage, désenvoutement, sur RDV, 80€ la séance, demandez Mamadou). Sur les autres, sur le monde et sur moi-même. Avec la lucidité vient la colère, la révolte, l'incompréhension, le sentiment d'injustice,
le rejet de la bêtise. Qui peut-être lucide sur ce monde et rester détaché et ne pas ressentir de colère ? Face à ce que Dieu ou le Diable a créé, à savoir ce manège insensé de la vie, face à que l'Homme a créé et crée chaque jour, la haine, les injustices, les guerres, et pire, la connerie, quotidienne, envahissante, partout, infinie mais en perpétuelle extension, comme notre univers.
Heureux les simples d'Esprit a dit Jesus au Mont des Béatitudes (l'endroit est tellement paisible, il faut dire, au bord du lac
de Tibériade, ça incite au lyrisme ... peut-être ne fumait-il pas que des Gauloises, irais-je même jusqu'à honteusement blasphémer), ils iront dans mon Royaume. En tout cas, ils n'auront pas la colère en héritage. C'était peut-être ça le Royaume (oui Jésus était pas mal porté sur l'emphase ...).
"Ignorance is bliss" disent les américains sur un autre mode. Mais il s'agit de la même chose. De la lucidité et de la connaissance naissent la colère, de l'ignorance nait une certaine paix de l'esprit. Un optimiste est un pessimiste qui n'a pas toutes les informations ...
Alors, que faut-il préférer ? Goûter le fruit défendu de la connaissance et en payer le prix de la rage ? Ou s'abstenir des deux ? Peu importe votre réponse, vous n'avez pas le choix. On nage ici à nouveau en plein déterminisme.
Vous ne pouvez pas choisir de cesser d'être lucide ou de devenir ignorant. L'inverse peut-être et encore ...
J'ai donc cette colère en moi, comme un feu qui parfois ronronne doucement, parfois flamboie. Je ne suis pas un révolutionnaire, un écorché vif, je laisse ça à d'autres plus exaltés et téméraires que moi, juste un homme en colère de naissance. Avec ce que cela peut avoir d'usant, de fatiguant, pour moi et pour les autres. Est-ce qu'on peut vivre énervé jusqu'à 80 ans ? Est-ce qu'il existe des statistiques de surmortalité liée à l'énervement chronique ? Est-ce que ça donne des ulcères (un indice : j'en ai eu un à 22 ans). Combien de fois ai-je entendu des docteurs me dire : c'est le stress, Monsieur Quint, faut vous calmer ... autant demander à une vache
d'arrêter de brouter de l'herbe ...

And I don't want to live my life like everybody else,
And I won't say that I feel fine like everybody else,
'Cause I'm not like everybody else,
I'm not like everybody else.

The Kinks / I'm not like everybody else


J'ai accepté cet étant-donné. Là aussi, cela a pris quelque temps mais je suis en paix avec ma colère (l'eau et le feu réunis en quelque sorte). Je la respecte, la chéris presque même. J'essaie de la canaliser, de la maîtriser, d'en faire un usage raisonné et un tant soi peu productif. Ayant découvert le feu comme quelque néanderthalien, j'essaie maladroitement de l'apprivoiser. Mais j'ai cessé de
vouloir jeter de l'eau dessus. Elle ne n'empêche pas de vivre et d'interagir avec les autres. Je déteste l'humanité dans sa masse, j'aime les hommes dans leur singularité et leur unicité.

Le seul qui puisse faire taire cette colère, c'est le passager sombre. Lui seul a cette force et ce pouvoir. On dit que quand le feu est trop intense, le seul moyen est d'allumer un contre-feu. Traiter le mal par le mal en quelque sorte ...
C'est ce que fait le passager sombre. Sa puissance en lui est bien plus grande que la colère.
C'est ainsi qu'il y a quelques jours, j'ai soudainement cessé de publier sur ce blog. Le passager sombre est sorti de sa boîte, un dimanche après-midi. Pas de signe annonciateur, précurseur. Le passager sombre ne s'embarrasse guère de frapper à la porte, d'envoyer un avis de passage, de prévenir de sa présence ou d'entrer sur la pointe des pieds.
Quand il le souhaite, il prend le volant en main et je deviens le spectateur. C'est ainsi qu'il procède et je le sais. C'est la règle.
J'ai du accepter celà à défaut de m'y habituer. J'ai du pour la première fois apprendre le renoncement et déconnecter mes habitudes de "control freak". Et soudain, un voile noir s'abat.

That long black cloud is comin' down
I feel like I'm knockin' on heaven's door.

Bob Dylan / Knock'in on heaven's door


Une brouillard s'emble m'entourer à chaque instant, se déplacer autour de moi et faire rempart avec la réalité. Une impression de détachement, de déconnexion s'empare de moi. Le brouillard est si dense, si opaque, que communiquer ne se fait plus qu'à grand peine. Le moindre murmure demande autant de force qu'un hurlement dans le vent d'une tempête. L'horizon se referme, boucle sur lui-même, s'enroule et finit par former un tunnel. Tunnel où l'on ne distingue pas de lumière au fond, seulement du noir et quelques bruits étouffés.
L'expérience des apparitions précédentes me dit qu'il y a une lumière au fond, peut-être dans 100m, peut-être dans 1 km, peut-être dans 100 kms. Mais je n'ai aucune certitude que cette fois encore, la lumière surgira. Seulement la croyance, faible, tênue mais encore présente.

I believe my humor’s wearing thin
And change is what I believe in

REM / Believe


Le brouillard noie tout, les envies, les fantasmes, mais aussi la colère, la rage. Les seuls instants où la colère ne m'habitent pas sont ceux-ci mais au prix du renoncement à tout autre sorte de pulsion, bonne ou mauvaise. C'est le règne du néant, le grand noir ou le grand blanc sibérien, le zéro degré kelvin de l'esprit, l'entropie nulle. La thermodynamique enseigne que l'entropie est créable et non destructible. Mais le passager sombre s'en fout, il est bien plus fort que la thermo, il bouffe de l'entropie au ptidej et la défèque dans la foulée.
Le zéro absolu donc, le grand blanc, la léthargie, le froid me gagne, engourdit mes membres, me fait me recroqueviller, passer de plus en plus de temps roulé en boule dans le sommeil et me fait rêver à plus de sommeil encore. A un sommeil total et infini parfois.

Et l'énergie du désespoir
Le téléphone pourra sonner
Il n'y aura plus d'abonné
Et plus d'idée
Que le silence pour respirer
Recommencer là où le monde a commencé

Je m'en irai dormir dans le paradis blanc
Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps

Michel Berger / Paradis Blanc


Dans ces conditions, impossible d'écrire. La communication avec le monde extérieure est paralysée par le brouillard, la colère est éteinte et l'esprit amorphe. Black-out total. Le temps devient trouble, se distord, se déforme, comme dans les montres molles de Dali.
Il n'a plus de sens. Une heure peut durer une journée, une journée une heure.
Il n'y a rien que je puisse faire. C'est le passager sombre qui est aux commandes. Il a le volant, je ne suis plus que passager. Je me contente d'observer. Tantôt je ferme les yeux, trop effrayé par la route qui défile, tantôt je reste les yeux grands ouverts devant l'abime.

Et puis un jour une étincelle. Je sais que j'ai besoin d'elle. Je sais qu'il est possible de ranimer le feu de la colère. Je le sais car je l'ai déjà fait. Peut-être un jour ne pourrais-je plus et je serai condamné à rester à errer sans fin dans cette toundra de l'esprit. Mais j'espère quand même cette étincelle.

I get up in the evening
and I ain't got nothing to say
I come home in the morning
I go to bed feeling the same way
I ain't nothing but tired
Man I'm just tired and bored with myself
Hey there baby, I could use just a little help

You can't start a fire
You can't start a fire without a spark

Bruce Springsteen / Dancin' in the dark


Cette étincelle, elle est bien faible. Au début, j'ai du la rater. J'ai du apprendre à la traquer, à la repérer dans le grand blanc. C'est à peine une flammèche, ballotée par le vent glacial. Il faut la protéger du vent, des éléments, la chérir, la couver.
Essayer de l'alimenter peu à peu, percer le brouillard, puiser au-delà des petits riens, des choses qui d'habitude seraient insignifiantes et s'en servir pour faire grandir cette flamme et reconstituer le feu de la colère et avec, la vie.
C'est ici que j'en suis aujourd'hui, j'ai réussi à faire un peu grandir la flamme, suffisamment pour pouvoir à nouveau regarder en face la centaine de posts que j'ai fait auparavant sans dégoût (sans complaisance excessive non plus, je vous rassure)
et réussir à écrire celui-ci. Le feu se rallume peu à peu, la colère se reconstitue, elle est faible, bien pâle mais elle existe.
J'ai l'espoir qu'elle redevienne intacte d'ici quelques jours et que je puisse à nouveau la cracher sous forme de posts bientôt.
Avant la prochaine visite du dark passenger ...

Mais celui-ci sait aussi se parer d'autres atours. Il a plus d'un tour dans son sac. Il peut venir roder dans mon sommeil sous forme de rêves désarçonnants de vérité et qui me hante la journée entière.
Mais son plus beau déguisement est de déguiser en l'inverse de ce qu'il est au fond. La toundra vide est glaciale est remplacée par la chaleur, le bruit, la palpitation, l'entropie. Le blanc intégral est remplacé par les couleurs, flashys, fluos, phosphorescentes. C'est les nuits au néon tokïotes, la chaleur de Copacabana, la palpitation nocturne new-yorkaise.
L'esprit vogue alors à la vitesse de la lumière, les neurones et les axones sont proches de la fusion, le cerveau débarrassé de la moindre parcelle de GABA. Le passager sombre donne alors l'illusion qu'il pilote un Hummer avec un moteur V16 840cv, qu'il peut traverser n'importe quel obstacle, renverser les montagnes, lever des armées, unifier les différentes forces, résoudre les énigmes de l'univers. La puissance des dieux incarnée dans un mortel, la conscience et la confiance absolue, le feu qui brûle les veines et bat dans les tempes.

Because a mainer to my vein
Leads to a center in my head
And then I'm better off and dead
Because when the smack begins to flow
I really don't care anymore
About all the Jim-Jim's in this town
And all the politicians makin' crazy sounds
And everybody puttin' everybody else down
And all the dead bodies piled up in mounds
'Cause when the smack begins to flow
Then I really don't care anymore
Ah, when the (...) is in my blood
And that blood is in my head
Then thank God that I'm as good as dead
Then thank your God that I'm not aware
And thank God that I just don't care
And I guess I just don't know

Lou Reed & Velvet Underground - Heroïn


Ce rôle du passager sombre est bien plus ambigu. Le diable a alors la face d'un ange ou plutôt celui d'une irrésistible tentatrice parée des plus beaux attributs. Il fait perdre toute lucidité, donne des nuits sans sommeil et des matins qui chantent quand même. Il donne accès à l'énergie des étoiles et fait se prendre pour un dieu. Mais il faut en payer le prix et il est élevé. Celui qui se prend pour tout puissant doit payer un lourd tribut. Je le sais et, malgré tout, je donnerai beaucoup pour que le passager sombre change son rôle et revienne me voir sous cet aspect. J'en ai envie comme un ex-junkie doit continuer à avoir envie de son fix et même s'il sait ce qu'il y a derrière.

Night suits me fine
And morning suits me fine
I've been so happy, happy
Way up high, high
In between, down below
Low low low
Low low low

REM - Low


A très bientôt pour de nouveaux posts.

2 commentaires:

  1. Ouh la la la ! Moi itou, je perds les pédales et les repères assez souvent, surtout la nuit comme dirait Bashung. Première idée : allez voir un psy (sans rire, moi j'aimerais bien mais c'est trop cher). Deuxième conseil : l'humour, l'autodérision, les boutades et la rigolade = à garder absolument. Troisième recommandation = keep on fighting ! Si si si et jusqu'à 101 ans comme le papy sur France 2 au journal de 20h00 montré en exemple. Quatrième chose : Rester rock and roll. comme disaient les Clash à la fin de Magnificent 7 "what have we got ? magnificence ! Et ça , c'est déjà pas mal ! Donc, stop ou encore ? Encore !

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  2. Keep in fighting ! Yes
    Maginficence ! Yes (ça m'a d'ailleurs permis de ré-écouter ce morceau que je n'avais pas écouté depuis un bail !)
    J'ai cru voir un post contre les râleurs sur votre blog. Réaction à ce post ? ;)

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