BO du Blog

mercredi 20 janvier 2010

Halte au court-termisme

Monarchy for the U.K
it's coming sometime and maybe
I give a wrong time
stop a traffic line
your future dream is a shopping scheme
cos I, I wanna have monarchy!
In the city

Sex Pistols / Monarchy in the UK


Bon, les plus avertis de mes lecteurs auront remarqué que j'ai du un peu plier les paroles de cette célèbre chanson à ma volonté ... Je pense que Sid Vicious ne m'en voudra pas ...

Une idée me venait hier alors que je conduisais (oui oui je sais faut que j'arrête de penser en conduisant, je vais encore rayer une aile ...). Si l'on y réfléchit (allez, quoi, faites un effort), un des problèmes majeurs de notre temps est le court-termisme dans la prise de décision. Ce biais s'applique aussi bien dans l'entreprise où les patrons sont soumis au diktat de la rentabilité à court-terme et du cours de bourse que dans la politique où nos dirigeants ont les yeux rivés sur la prochaine élection et ce à peine élus (je parie que Sarko, au Fouquet's, parlait déjà de 2012 ...).

Dans l'entreprise, on constate que les patrons actuels de grandes sociétés n'arrivent pas à concevoir une stratégie et une vision long terme (mettons 10 ou 20 ans) car ils sont tenus par leurs actionnaires à maintenir rentabilité/dividende/cours de bourse à court terme. Un patron de société cotée présentant à son board une stratégie ambitieuse mais qui présenterait le léger défaut d'altérer fortement la rentabilité pendant les quelques premières années a toutes les chances de se voir indiquer la sortie ("Monique, vous raccompagnerez Monsieur ?", "enfin, Charles, tu n'y songes pas ... tu as des problèmes à la maison ? Bernadette te cause du souci ? Monique peut peut-être te soulager ?" - oui, bon, j'extrapole, vous comprendrez que j'ai peu fréquenté de board de boîtes du CAC40 mais enfin j'essaie de faire jouer mon imagination). Et finalement, on en vient à se dire (études à l'appui) que le bon vieux capitalisme patrimonio-familial à l'ancienne a du bon ... Quand une famille tient une boîte, elle peut avoir une vision long terme. Elle y a même intérêt puisqu'elle veut en général transmettre son patrimoine à ses rejetons.

Plus grave est la conséquence sur la politique. La vie de celle-ci est rythmée par les élections. Bien sur par l'échéance-reine, la présidentielle tous les 5 ans. Sachant qu'il faut 6 mois pour s'installer, 1 an pour faire campagne avant la prochaine échéance, 6 mois pour préparer la campagne, reste 3 ans. Et encore, pendant ces 3 ans, il faut faire face à des élections régionales, européennes, municipales ... et en plus, caresser le peuple dans le sens du poil car ces ingrats seraient capables de ne pas vous réélire. Résultat : la démocratie d'opinion. On commande des sondages (de préférence à des potes, qui peuvent sous-traiter avec des marges stratosphériques - toute ressemblance avec des événements survenus récemment à l'Elysée serait tout sauf fortuite) et on fait en sorte de dire aux gens ce qu'ils veulent, de leur plaire ou de ne pas trop leur déplaire. En tout cas, de se débrouiller pour que au moins 50,0000001% des gens votent pour vous (toute référence à la baisse de la TVA dans la restauration ne serait bien sur que pure spéculation).

Alors évidemment, quand il s'agit d'aborder des problématiques lourdes, long terme, qui se déploient sur 10, 20 ou 30 ans, autant dire que l'on ne frappe pas à la bonne porte ... Comment voulez-vous que les hommes politiques prennent des décisions nécessaires mais impopulaires pour les retraites ou le global warming pour éviter une catastrophe dans 20 ans alors que leur préoccupation est d'être élus dans 2 ans (et que dans 20 ans, ils seront souvent à la retraite en train de se baigner et d'écrire leurs mémoires à l'Ile de Ré). Non, autant demander à un bouchon lyonnais de cuisiner light ...

Alors tout en laissant défiler à grande vitesse les parois du tunnel de Teo (périphérique lyonnais), je me dis : il faut de la sta-bi-li-té, un type au pouvoir qui n'ait pas à se préoccuper de la ré-élection, de la popularité, quelqu'un qui puisse avoir une VISION. Les seuls exemples qui me viennent en tête sont des personnages forgés par des circonstances exceptionnelles, la guerre (Churchill) ou un grand chambardement (Gandhi, Mandela). Reste ... la monarchie.

Je conviens que l'idée est assez sougrenue. Forcément, on a du mal à voir en 2010 le retour d'un gaillard avec une perruque blanche, poudré, dans une chaise à porteur et une cour devisant devant lui pendant qu'il avale trois sangliers. Ca, c'est l'image du Roi-Soleil, le roi à l'ancienne. Mais un roi new-age ?

Alors pensons à quelques aménagements. Déjà, on peut laisser tomber la monarchie héréditaire de droit divin. Le côté religieux, plus personne ne va gober. Et l'hérédité, ça fait un peu Jean-Sarkozyen-fin-de-race. On pourrait créer une super-ENA avec des promos de 2-3 personnes chaque année qui constituerait un vivier de monarques potentiels, un peu des cardinaux de la monarchie. Quand le souverain casse sa pipe ou finit son règne (oui vaudrait mieux un CDD qu'un CDI pour éviter d'avoir un grabataire aux manettes ...), on tire au sort parmi les poulains ou on les laisse s'étriper dans une pièce. Quand la fumée blanche sort de l'Elysée, on y est. Habemus monarqum.

Il faut aussi éviter les travers du despotisme, prévoir une procédure d'impeachment au cas où le souverain pête les plombs, une justice indépendante (mais vraiment, hein, pas comme aujourd'hui), la liberté des medias (idem), ...

Je n'ai jamais songé à être monarchiste mais franchement je me demande si ça serait pire que le système actuel ? Ca fait ringard parce que la doxa veut que il y a une flèche de la progression de l'Histoire et que l'aboutissement absolu soit la démocratie. Du coup, c'est comme si on se remettait à mettre des pattes d'eph et porter des cravates moutardes mais bon moi, la mode ...

Bon, je vous laisse, je vais en parler à Thierry Ardisson et Stéphane Bern.

5 commentaires:

  1. Ah oui un petit coup de retour à la monarchie ben voyons. Bah ça sera pas une première rome était bien une démocratie avant l'empire et là aussi le coup de la stabilité avec un empereur ça paraissait une bonne idée au début.
    Le gros problème de la démocratie c'est qu'elle n'est pas le système optimum, vu qu'elle donne le même poids à tous et qu'elle utilise la voie de la "loi normale" pour écréter les extrèmes, du coup la solution "optimum" pour résoudre un problème a peu de chance d'être retenue.
    Effectivement on peut aller vers la solution "collège d'électeur" et élection en son sein à la manière de la papauté. Cependant le track record de cette technique est un peu inquiétant.
    Sinon on peut aussi remettre au gout du jour le suffrage sensitaire, la propension des riches à maintenir un certain équilibre etant plus prononcé, bon question progès social ça risque de coincer.
    La solution traditionnelle c'est la transmission héréditaire de la charge, mais là franchement sur la durée ça ne marche pas.
    Alors mettre un "empeachment" ? oui mais qui décide ?
    Car même si on pouvait élire "la meilleure personne", une décision "sage" sur le long terme pourrait être "catastrophique" à court terme (déclaration de guerre, mesure drastique contre telle ou telle partie de la population, ...) et donc on utilisera l'empeachement à "mauvais" escient.

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  2. Bon ! On a déjà le roi des C... et la reine des pommes au Château.Bah ! En France en plus, le Roy on sait comment le raccourcir s'il préfère l'horlogerie à l'économie planifiée et l'agriculture vivrière.
    Pour la vision à court terme, hélas, c'est bien exact. Idem la dictature des "quarterly results" dans la world company. Cependant, l'île de Ré (NB : pas de Rey) sera aussi submergée quand tous les pôles auront fondu, donc, cela inspirera peut être les chefs pour mieux préparer leur retraite ?

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  3. ouais non pas le suffrage censitaire. Ma reflexion n'est pas du tout issue d'un certain élitisme qui est souvent à l'origine des sentiments royalistes. Je réflechissais juste librement, "out-of-the-box" et je me disais : bon, voter (ou avoir la liberté de le faire) procure une certaine satisfaction mais finalement, est-ce que mettre un clampin lambda (à condition que celui-ci soit sain d'esprit et ait un minimum de bagage culturel (quoique see Reagan et Schwarzy ...)) pendant 20 ans à la tête de l'Etat, au hasard, serait pire qu'élire un président au suffrage universel tous les 5 ans ... pas si certain à mon avis. Evidemment, c'est en postulant que "toutes conditions égales par ailleurs" donc que l'Etat de droit sont respecté, les libertés inviduelles, la justice, etc etc
    Pour l'impeachment, c'est vrai que ma reflexion était un peu creuse, au niveau Besancenotien (mise en place de comités populaires pouvant destituer les hommes politiques). Mais Choron peut-etre amené la solution : la peur du raccourcissement est peut-être suffisante ? ca c'est déjà fait alors ...

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  4. La peur du racourcicement amène plutôt une politique répressive et le renforcement de la "surveillance" interne du pays. En Afrique la peur du racourcicement est omni-présente et ça n'empèche que peu les dictatures.
    Pour ce qui est de l'ile de Ré aucun soucis pour eux, ils auront bien avant le recouvrement par les eaux mis un "put" sur leur terrain et un "call " sur le terrain des nouvelles iles qui ne manqueront pas de se créer à la suite de la montée des eaux.

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  5. Bon vraiment, si ça peut te rassurer, j'ai pas mal de dispos à partir du 1er février, je suis prêt à assumer la charge !
    J'ai déjà quelques idées en tête :
    - Transférer le palais présidentiel au casino de Charbonnières-les-bains
    - Transférer la capitale à Clermont-Ferrand
    - Transférer les cendres de Vercingétorix au Panthéon
    - Expulser Frédéric Lefebvre en Haïti
    - Changer l'hymne national au profit de "Le monde de demain" de Supreme NTM
    - Limiter le salaire des footballeurs pros à 2x le SMIC
    - Nationaliser TF1 et virer JP Pernaut
    - Supprimer le mois de Novembre (et le 11 novembre avec)
    - Annexer Monaco
    - Supprimer les limitations de vitesse
    - Donner leur indépendance aux DOM-TOM et à la Corse
    - Imposer le port du bikini pendant l'été pour les femmes de 18 à 30 ans

    Je sens que mon règne va être prolifique !

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