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jeudi 14 janvier 2010

Un bon écrivain peut-il être un gros con (et vice-versa)

Il paraît que Marc Levy est sympa. Ah désolé, je me suis trompé de post, on parlait d'écrivains ... Giscard, de son côté ... Caramba, encore raté ! Où sont les écrivains ? Ah oui en voila un ...
L'autre matin, je me lève, un oeil collé par différentes secrétions, l'autre poché comme une vieille poiscaille, la bouche de traviole, du fromage blanc dans la tête, bref réveil difficile. Je mets la radio, je ne sais pas quelle station et j'entend une dithyrambe sur Ellroy : "ce grand écrivain ... blah blah ... mère morte en 58, crime jamais résolu ... LA ... romans noirs". J'avise ma femme et lui dit que la faucheuse semble être en pleine bourre. Après Seguin ou Mano Solo, paf James Ellroy.
J'étais un peu triste ... je ne suis pas un grand fan de polar mais il faut bien dire que LA Confidential ou le Dalhia Noir valent leur pesant de nuit blanche. Quant à American Tabloïd, c'est un chef d'oeuvre absolu, un livre que je classe sans hésiter dans le Top 10 de mes livres préférés. La fin des 50s et le début des 60s avec en point d'orgue l'assassinat de Kennedy. L'intrication de la fiction et de la réalité, de ce qui a été, aurait pu être, a sûrement été. Une Amérique noire de coulisses peuplée par des barbouzes, des mafieux, des politicards retors. Un livre génial, une fresque baroque que je recommande à chacun d'entre vous.
Ce livre était le début d'une trilogie qui a été suivie (chronologiquement) par American Death Trip, qui m'était tombé des mains il y a quelques années. Même si les fondements étaient les mêmes que l'opus précédent, le style était devenu paresseux, sec comme un coup de trique, on sentait Ellroy en roue libre. J'ai dans la tête de reprendre ce livre un jour mais je n'ai jamais donné suite.

19h, sortie du travail, France Info dans la voiture. Et paf, re-Ellroy. Il n'est pas mort le salopard ! Propagande massive, radio, TV, journaux, partout Ellroy et la promo massive du dernier tome de la trilogie : Underworld USA. Battage total, couverture médiatique énorme, déferlante de critiques-apothéoses. Cet unanimisme mielleux m'a toujours dégoûté de l'acte d'achat. Esprit retors que je suis ...

Entre temps, j'ai du écouter Ellroy qui était invité sur Inter le matin. Attention, pas une simple interview mais l'invité principal du 6h30-10h (oui Demorand fait 30' d'heures sups par jour désormais ... enfoiré de Fogiel). Donc longue interview, dialogue avec les auditeurs. Ellroy a beau être un écrivain de première bourre, il faut bien dire qu'il est complètement à la masse. Il était là pour faire de la grosse promo (je pense qu'il a du citer le nom de son éditeur environ 27 fois), débiter ses conneries voire se foutre de la gueule de ses intervieweurs. Alors voir Demorand, pourfendeur de Besson ou Hortefeux lui servir la soupe ou encore Guetta ricaner bêtement (avec un soupçon de gêne tout de même) à ses outrances, c'était pitoyable.
Ellroy n'a rien à dire, c'est un loufdingue traumatisé par la mort de sa mère, hanté par le conspirationnisme, mystique à deux balles ("mes livres sont une métaphore religieuse" - Demorand "oui mais parmi les meilleurs que j'ai lus" - Ellroy "et les plus importants" AAAAâââââmmeeennnn). Quant à entendre Ellroy débiter ses lubies sécuritaires (il doit être sur le sujet de la justice à Marine Le Pen ce que Besson est à Besancenot) sans obtenir de réaction de Demorand. Risible ...
Alors quoi, les France Intereux, quand on est un homme politique, on est forcément coupable (surtout si on est à droite, il faut bien l'avouer) mais si on est un bon écrivain, on a tout droit d'être un con ?
Lire Ellroy oui, mais l'écouter non ... c'est un con obsessionnel et c'est ce qui en fait un si bon écrivain. Alors qu'il la ferme ... tout est dans ses livres !

3 commentaires:

  1. Ellroy parle aux froggies comme à de demeurés ! pourtant il dit avoir plus de lecterus ici que "over the pond" !
    France Inter est fasciné par les types qui parlent en VO comme cet économiste de l'autre matin qui ne disait que du 100% pipotron mais il avait fait HARVARD , ho ho ho !
    Vive INTER , MERMET et LENOIR

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  2. Voici , j'ai retrouvé le coupable. Pinaise ! que de lieux communs ce monsieur nous a balancés. Gravissime...

    Amartya Sen

    Prix Nobel d'économie 1998, il enseigne l'économie et la philosophie à l'université harvard. Auteur de "L'idée de justice" (Flammarion). Tous les invités de France Inter

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  3. arf
    ah oui je l'ai écouté aussi !
    Bien la peine de ramener un prix Nobel pour balancer de telles banalités ! Incroyable ... j'étais affligé aussi ...
    Mais il y a parfois de belles surprises comme Georges Pugeux (je cite le nom de mémoire) il y a quelques mois. Bon, il parle français mais il avait été VP du NYSE et il parlait avec une belle franchise.

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