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jeudi 4 février 2010

Collision numérique


En lisant mon quotidien favori ce matin, deux brèves accolées m'ont accroché l'oeil. Tout d'abord, encore et toujours Henri Proglio, l'über-manager, le chantre du "Travailler plus pour gagner plus" (2 présidences, 2 salaires). Tellement irremplaçable chez Veolia, tellement indispensable chez EDF. On pourrait d'ailleurs au passage lui confier la SNCF, la RATP et Areva. Donc Proglio qui donne du travail à tout le gouvernement pour justifier sa double-rémunération (avant de la sucrer), sa double-position (provisoire, forcément provisoire) et maintenant la retraite-chapeau.
Cette fois, c'est le bon Luc Chatel qui s'y colle avec une mauvaise foi à soulever les montagnes. C'est qu'il nous prendrait pour des jambons, le garçon !
Jugeons-en :
Que quelqu'un qui a passé quarante ans dans son entreprise touche sa retraite, ça ne me choque pas particulièrement

Qui pourrait dire le contraire ? Proglio a cotisé pendant toutes ses années au profit de la retraite par répartition dont l'UMP, promis-juré-craché, est l'ardent défenseur. Il est donc bien normal qu'il puisse à son tour profiter de la solidarité nationale sur ses vieux jours. Sauf que Mr Proglio ne veut pas, comme le vulgus pecum, se contenter de la retraite-sécu. Son salaire ne lui ayant visiblement pas permis de se couvrir pour ses vieux jours, il a obtenu que son employeur Veolia lui verse environ 1 millions d'euros par an en plus de la retraite-sécu. Et ce jusque mort s'en suive. D'où les 13,1 millions d'euros provisionnés par Veolia. Notons que ça n'est qu'une provision. Si Proglio s'avisait de suivre les traces de Jeanne Calment, il pourrait continuer à ruiner Veolia à petits feux pendant encore une cinquantaine d'années. Est-ce normal ? Est-ce moral ? A voir ... Ce qui est à coup sur immoral, c'est la présentation éminemment tronquée qu'en fait Chatel ! Mais qui est cohérente avec la position de son parti qui a refusé de légiférer sur le sujet. Ah, la belle moralisation du capitalisme !

Juste en-dessous de ce sujet, une brève sur les conséquences de la baisse de la TVA dans la restauration. Ce joli cadeau fiscal, au grand étonnement de tous, ne tient pas ses promesses. L'on apprend dans cet article que les salariés des fast-food, qui n'ont de chapeau qu'un pauvre calot sur la tête qui leur sert de témoin à graisse, se voient royalement proposer dans le cadre de la baisse de la TVA, 2 cts d'euros de l'heure d'augmentation. On passe sans transition des millions aux centimes.

Alors, par un calcul extrêmement complexe, faisant appel aux intégrales par parties et aux transformées de Fourrier, j'en arrive au fait que la provision de Veolia pourrait servir à financer l'augmentation annuelle de 400.000 travailleurs de fast-food sur un an ...

Oh, je vous vois venir ... Comparaison n'est pas raison ... Démagogie ... Certes, mais il y a des jours où ce genre de collisions laisse un goût amer au fond de la gorge ...

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