BO du Blog

dimanche 7 février 2010

Rey of light


Autant le dire, c'est la première fois que j'ouvrais un livre de Nicolas Rey. J'aime bien le personnage, que j'ai appris à connaître dans les différentes émissions où il est apparu, notamment au côté de Pascale Clark : Tam-Tam etc, En aparté, un café et l'addition. Un côté branleur doué, vaguement tête à claques (moins que Beigbeider) mais foutûment charmeur.
Me restait à voir ce que donnaient ses livres. J'ai été assez convaincu par un numéro de charme lors de son passage promo à Ca Balance à Paris, justement assez loin de la promo formatée. Il a quasi mon âge, il livre un bouquin-vérité, une autofiction sur la déchéance dont il sort, notamment par la grâce d'un enfant. Vendu, je tente.
C'est le 6ème livre du garçon. Il a obtenu en 2000 le prix de Flore avec Mémoire Courte. Un tour sur Amazon m'apprend que le pitch dudit livre est Comment survivre à la fatigue, à un mariage conclu trop vite, à des litres d'alcool, à des tonnes de Lexomil ou à des rails de coke à foison, comme si la vie était un plan de RER ? Et à une lucidité à toutes épreuves, qui ne nous passe aucun détail de notre descente aux enfers ?, le tout sur 155 pages.
C'est étonnant car, en sortant du dernier opus, Un léger passage à vide, qui fait 179 pages (bien calibré, Nicolas Rey), j'aurai à peu près le même pitch (alcool/coke/benzos/survie/lucidité/problèmes avec les femmes).
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé le livre mais il m'a grandement laissé sur ma faim. Disons que j'avais une bonne vieille fringale et qu'on m'a donné une olive avec mon Martini avant de me congédier. Forcément, ça gargouille un peu ...
Bien sur, Nicolas Rey a du talent, a des formules qui font mouche, des petits morceaux de bravoure, une lucidité acérée qui écorche la surface du papier. Le dernier chapitre amène aussi un éclair de tendresse bienvenu.
Cela suffit-il à faire un livre réussi ? Le problème, c'est que l'autofiction de l'artiste torturé qui a dérivé dans un ouragan de stupéfiant avant de trouver la rédemption par la paternité, ça a un air déjà-vu ... surtout, la manière d'aborder la chose de Rey est éminemment surfaçique. Alors, on peut appeler ça de la pudeur, de l'élégance, ou alors un sujet effleuré, à peine abordé. Moi, j'aurai aimé que Rey jette ses tripes sur la table, là et nous parle vraiment. J'ai l'impression qu'il s'en tire à bon compte par quelques pirouettes stylistiques et se cache derrière un dandysme de bon aloi. C'est son droit, me direz-vous ? Mais alors pourquoi en faire un livre ?
En tout cas, j'attend le prochain. On sent le talent derrière tout ça et maintenant qu'il est sobre, j'espère qu'il va faire un vrai livre de 2 x 175 pages en approfondissant les personnages à qui il voue une vraie tendresse mais qui n'ont pas assez de chair (ceux de la clinique de desintox notamment).
Au boulot, Rey !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire