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mercredi 10 février 2010

Suburbia


Take a ride, and run with the dogs tonight
In Suburbia
You can't hide, run with the dogs tonight
In Suburbia

Pet Shop Boys / Suburbia


J'ai entendu dans une revue de presse que Telerama a fait un article pour s'insurger contre ce qu'ils appellent La France Laide. Qu'est-ce que la France Laide pour eux ? Le développement à l'infini des zones pavillonnaires, des centres commerciaux et des rond-points, pattern répété à l'infini aux portes de chacune de nos villes.

Pour regarder à quoi mène tout cela, il suffit de regarder les USA. Si ceux-ci savent faire rêver le monde au travers de quelques villes-phares (New York, Boston, Chicago, San Francisco, ...), l'Amerique de la plupart des villes moyennes et du Smalltown America n'est qu'une image aboutie de ce dont parle Télérama. A l'infini, blocs après blocs après blocs, les mêmes patterns de malls, shopping centers, de zones pavillonnaires, gated communities. La seule différence est que eux n'ont pas de rond-points ... L'imagerie populaire veut que l'Amerique soit bâtie à la verticale; c'est peut-être vrai pour Manatthan mais le reste de l'Amérique est une vaste Suburbia horizontale et uniforme, de Phoenix - Arizona à Bangor - Maine en passant par Wichita - Kansas. Un exemple ? Phoenix abrite 1.5 millions d'habitants (hors agglo sinon on passe à 4.3 millions - que foutent-ils dans ce trou ? Mystère ...). Paris intra-muros 2.2 millions. Paris occupe 105 km2, Phoenix 1.134 km2 ...

Telerama a-t-il tort de parler de laideur ? Non. Pour moi, cette banlieusardisation (traduction innommable de suburbization) est un cauchemar absolu. C'est, je crois, l'aspect que je déteste à propos de l'Amérique. La dissolution de l'âme dans cet environnement a été décrit avec un tel talent par de si nombreux auteurs américains (Jonathan Frantzen, Richard Russo, Rick Moody notamment) que je ne commencerais même pas.

La perspective de voir les bourgs français se transformer en leur équivalent américain m'attriste au plus haut point. Mais considérant que l'on vit dans un pays qui croît (démographiquement comme en richesse) et que avoir une maison individuelle avec un petit jardin (un yard) est une aspiration partagée par beaucoup, comment éviter d'en arriver là ? Moins qui vit dans une maison en proximité d'une grande ville, de quel droit pourrais-je dénier l'envie de mes concitoyens de faire de même ? A moins de verser dans l'élitisme version Télérama ...

2 commentaires:

  1. Ca pose surtout la question des centaines de paysans et de leur exploitation qui disparaissent chaque année ...

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  2. Muhm je ne suis pas certain que ce soit le facteur premier qui pousse à la disparition des paysans

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