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lundi 15 février 2010

Tous dans la même moussaka ?


J'écrivais l'autre jour que nous arrivions à un point critique pour l'Euro, à savoir la fin du mythe de l'Euro protecteur. Nos dirigeants ont mis la charrue avant les boeufs en faisant l'Euro avant l'unification des politiques budgétaires, en espérant que l'un entraînerait l'autre, ce qui n'a pas eu lieu.
Les dirigeants de la zone euro, Allemagne et France en tête, ont juré la main sur le coeur qu'ils ne laisseraient pas tomber la Grèce ... tout en omettant soigneusement de d'expliquer le comment.
Ceci va-t-il arrêter la spéculation ? Peu probable.
Et là, on va toucher le fonds du fonds du problème ... En effet, s'il faut réellement se lancer dans un plan de sauvetage de la Grèce, cela veut dire que la France ou l'Allemagne devront se porter garant, en plus de leur dette, de celle de la Grèce. Ce qui peut entraîner mécaniquement le risque que la notation de la France notamment soit dégradée et que le poids de nos intérêts augmente (et donc prive d'autres postes budgétaires de subsides).
Surtout, si la Grèce n'arrive pas à rentrer dans l'orthodoxie budgétaire, cela veut dire que certains pays devront payer pour la Grèce. Donc que les contribuables français devront payer pour les grecs. L'opinion est-elle prête à cela ? Certainement pas ! On peut voir une similitude avec le sauvetage des banques. Celles-ci ont pris des risques et ce sont les non-fautifs qui trinquent ... Dans ce cas, on aurait le même effet : les bons élèves paieraient pour les mauvais. Douteux moralement et inacceptable pour les opinions.
En clair, pour sauver la Grèce et éviter un éclatement de la zone Euro, on prend le risque de s'aliéner des opinions déjà eurosceptique et de bloquer pour longtemps la construction européenne.
Que vaut-il mieux ? Prendre le risque de laisser tomber la Grèce et de voir éclater l'Euro ? Sortir d'autorité la Grèce de la zone Euro ? Ou sauver le soldat Grec et prendre le risque de voir monter des ressentiments inter-pays ?
La question est dure à résoudre, je n'ai pas la réponse. Mais je ne crois pas que Sarkozy ou Merkel l'ait plus que moi ...

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