BO du Blog

mardi 9 février 2010

Walk away ...


You leave in the morning
With everything you own
In a little black case
Alone on a platform
The wind and the rain
On a sad and lonely face
Run away, turn away, run away, turn away, run away.
Run away, turn away, run away, turn away, run away.

Jimmy Somerville / Smalltown Boy


Le Monde a sorti un article sur un phénomène qui fait florès aux Etats-Unis : le walk away. De plus en plus de ménages, étranglés par le remboursement de crédits trop élevés et dont le prix de la maison s'est effrondré, se "tirent". Littéralement. Tout simplement. Ils cessent de payer leurs traites, abandonnent leurs maisons et vont ailleurs refaire leur vie. Phénomène impensable en France.

Cet article m'a ramené à la pensée des grands mythes américains. Celui de la dernière frontière d'abord (last frontier) et des boom towns, ces villes bâties sur la ruée vers l'or et abandonnées ensuite, devenant des villes fantômes. Certains quartiers américains sont en train de devenir des villes fantômes, des friches à l'abandon alors même que les prix immobiliers y étaient inabordables il y a peu. Cela me fait aussi penser au fait que des centaines de milliers d'américains n'ont pas de domicile. Ils errent sur les routes du pays en mobile-home, s'aggrégent en communauté déglinguée pour quelques temps puis repartent dans leur errance, sortes de passagers clandestins au sein du pays le plus riche du monde.

Cet article m'a aussi ramené les images de la Grande Dépression, notamment véhiculées par Steinbeck dans Les Raisins de la Colère, celle d'une Amérique à la dérive, à l'abandon, des grandes migrations vers une herbe censément plus verte ailleurs. Ne manque que les tumbleweeds pour avoir l'image complète.

Ainsi l'Amérique, au coeur de la déshérence de la crise, continue à perpétuer ses mythes. On peut même dire qu'elle renoue avec ses rites fondateurs. Est-ce cela qui pousse les plus conservateurs à se grouper en Tea Parties Group pour retrouver l'essence d'une Amérique ultra-conservatrice fantasmée des origines ? La crise n'a jamais été une bonne conseillère ...

Mais les USA ont une propension de à être un phoenix éternel et à renaître indéfiniment de leurs cendres. Espérons que cela sera le cas une fois encore et que ces mauvaises sirènes disparaîtront avec la prochaine reprise.

3 commentaires:

  1. Ce n'est pas plutôt "Les garçons bouchers la chanson "La bière " ? Je crois que oui

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  2. ooops commentaire sur article autre ! la bière....
    là je dirais
    "walk away walk away I will follow" ( U2 quand ils étaient jeunes et beaux

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  3. @Choron : argh oui c'est les garçons bouchers. Toujours eu un problème avec ces deux groupes. Le pire, c'est que du coup, j'ai vérifié avant de citer l'extrait de la chanson. J'ai lu Garcons Bouchers, j'ai tapé Beru. Insonsable complexité du cerveau.
    Bon citer Jimmy Somerville c'est pas la mega classe. Mais parmi toute la m... qu'il a produite, cette chanson surnage. L'évocation du PD de la petite ville qui doit fuir avec cette voix suraigüe m'émeut ... et je n'aime pas la chanson de U2 en question ...

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