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jeudi 4 mars 2010

Mala vida pour Mitterrand


Bon, vous allez me dire que je suis en retard d'une polémique mais je viens de terminer La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand. Oui quelques mois après la fameuse polémique qui a fait que ses adversaires ont exhumé des passages vieux de 3 ans, lancé des accusations et l'ont obligé à une confession publique bien comme il faut mais misérable en prime-time, je me suis décidé à lire le livre pour voir ce qu'il en était mais aussi car je connais mal Frédéric Mitterrand même si le personnage est célèbre et je n'avais jamais lu de livre de lui. Curiosité littéraire un peu épicée de allons-voir-les-coulisses-du-scandale donc.

Le livre, qui sur mon édition poche ne mentionne pas si c'est une autobiographie ou un roman, ne révèle qu'une facette de Frédéric Mitterrand. Ainsi, si l'on est intéressé par sa carrière, passons notre chemin. Non, le fil rouge de son livre, c'est le désir, les sentiments, l'amour, souvent charnel mais platonique aussi. Et bien entendu son homosexualité. Ce n'est évidemment pas un coming-out mais enfin on creuse le sujet si l'on peut dire ...

Ce livre va très loin dans les sentiments de l'auteur et est un mélange d'impudeur (dans la description de sa vie) et de pudeur (dans le style). On ne peut certes l'accuser d'auto-complaisance. Il est fils d'une bourgeoisie friquée, ne s'en cache pas, en dénonce certains travers mais sans jamais cracher dans la soupe. Il nous fait vivre la douloureuse prise de conscience de son homosexualité. Puis ses émois sensuels mais aussi sentimentaux et cette douleur qu'il a de ne pas réussir à être aimé vraiment ou en tout cas s'en persuade-t-il. Le récit d'un week-end à Mykonos dans sa jeunesse montre les humiliations infligées, celles qui vont le faire se tourner vers les amours tarifés, moyen commode d'obtenir ce qu'il veut sans risque d'être rejeté.

Sur ce point, je le trouve convainquant. Il parle de sa pulsion, voir sa compulsion à courir les bordels, les tapineurs, les pays exotiques, son désir mais aussi son dégoût et sa honte. Si on revient sur le fond de l'affaire, je me dit qu'il n'a pas du se marrer quand les conseillers en comm' de Sarkozy l'ont poussé à aller le coeur sur la main et la larme à l'oeil sur le plateau de TF1 (ou F2 ?) clamer qu'il n'a jamais fait de tourisme sexuel. Si lui n'a jamais pratiqué le tourisme sexuel, je suis médaille d'or aux JO en patinage artistique. En fait-il l'apologie ? Non ! Mais le récit par le menu de ses séjours à Bangkok, Patpong ou encore les garçons muy calientes de Cuba rendent cette confession (orchestrée par d'autres que lui je pense) puante (une déclaration au 20h vaut tellement plus que les quelques rares qui ont lu le livre ...).

Au final, je trouve ce livre poignant, troublant, pathétique et émouvant. Se mettre à nu ainsi, dans toute son ambiguïté, ses défauts, ses déchirements, sa difficulté à vivre, il faut des tripes. Et c'est bien fait, sans pathos excessif, avec pudeur et retenue.

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