BO du Blog

jeudi 7 janvier 2010

Dark passenger is on

Out the door just in time
Head down the 405
Gotta meet the new boss by 8 a.m.
The phone rings in the car
The wife is workin' hard
She's running late tonight again

Well
I know what I've been told,
You got to work to feed the soul
But I can't do this all on my own
No, I know, I'm no Superman
I'm no Superman

You've crossed the finish line
Won the race but lost your mind
Was it worth it after all

Lazlo Bane - I'm No Superman


Le réveillon est passé
Les bonnes résolutions envolées
Dark passenger aux commandes
Energie aux abonnés absents
Envie paralysée par le froid
Ciel gris dans ma tête
Posts laborieux
Un peu de neige dans les yeux
Routine, codéine, benzodiazépines
Inspiration dans le trou
Totalement mou du genou
7 jours passés, plus que 358 à tirer

La carte du tendre

Avez-vous remarqué cet axiome des médias ?
Le temps consacré à un sujet doit être proportionnel à l'émotion qu'il suscite et strictement indépendant du contenu en information disponible sur ledit sujet.
C'est par exemple le cas pour les crashs en avion. Prenez le AF447 (Rio-Paris). On apprend qu'un avion a disparu des écrans radars, qu'a priori à moins de planer depuis 12h au ras des flots, il doit s'être planté, qu'il y a 200 morts. Point barre. Mais un avion plein qui se crashe, surtout avec des français à bord, c'est un sacré potentiel à émotion. Donc il faut faire un gros temps d'antenne. Ca donne donc les mêmes bribes d'infos rabâchées en boucle, les envoyés spéciaux à Roissy ... qui n'ont rien à dire, les mêmes spéculations foireuses, les mêmes experts en plateau qui disent qu'ils ne peuvent rien dire.
Bon, j'ai fait un détour de mon sujet. Je me rasais ce matin, allume France Info machinalement et paf j'apprends la mort de Philippe Seguin. Bon à l'heure qu'il était, le gars était encore chaud dans son pieu (bien que je n'ai pas été très matinal). Donc même principe, émotion, antenne spéciale et rien à dire. Ca donnait quelque chose comme "L'info du jour c'est la mort de Philippe Seguin, Philippe Seguin qui est donc apparemment mort, oui donc Philippe Seguin qui était à la cour des Comptes, on devrait avoir une réaction sur Philippe Seguin". On aurait dit une pub où ils essayent de caser le plus de fois possible le nom du produit en 30" pour rentabiliser l'investissement. Pas la moindre info, la nécro devait pas être prête (66 ans seulement ... pourtant, je pense qu'il était à risque côté cardio-vasculaire ... le service nécro a foiré son job ...). Et enfin soulagement, le premier de la longue série des réactionneurs (Bernard Accoyer, ouais il n'y avait pas mieux, bon tant pis on fait avec) "Oui, c'est une grosse perte, pour moi et la démocratie blah blah blah". Et puis du nouveau "Il serait mort d'une crise cardiaque" (ahh je l'avais bien dit qu'il était à risque ...).

Bon, a part ce côté pénible des médias, je le regrette moi le Philou. C'était un peu un looser de la politique, un gars dont on sentait qu'il aurait pu aller plus loin mais qui réussissait toujours à se saborder plus ou moins foireusement. Et vas-y que je me fais doubler par Juppé pour être premier ministre, et que je me casse de la présidence du RPR en pleine campagne des européennes, ... Ceci dit, il a fait une très honnête carrière mais on le sentait limité par un certain plafond de verre. Il y a un certain darwinisme politique qui fait que seuls les grands fauves sans pitié et avec une ambition démesurée arrivent au sommet. Or Seguin, on ne le sentait pas comme ça. Bon vivant, rigolard, cultivé, une petite lueur au coin de l'oeil, une attitude un rien blasée et un poil désabusée, une voix de fumeur de Gitanes (qu'il était), l'air d'y être sans trop y être, d'y croire en y croyant à moitié. Bref, un gars trop honnête et normal pour être au top du top de la politique ... Du coup, on le sentait plus s'éclater à la Cour des Comptes. Haut fonctionnaire, plus trop de coups tordus pour se faire une place au soleil, moins de pression médiatique mais un peu de sunlight.

En résumé, je trouvais une certaine tendresse au personnage, chose rare chez les politiques, un côté touchant, humain qui manque chez beaucoup de nos soi-disant Grands Hommes. RIP, fumeur de gitanes.

La conso à tout prix


Déjà, pendant l'année, la société de surconsommation est parfois difficilement soutenable. Mais les soldes, c'est le climax, l'acmé, le summum, le nirvana de l'ubër-consommation. La grande épiphanie du futile et un superbe marronnier pour nos chères télés.
Pour moi, ça a commencé hier matin. Cette année, crise oblige, les medias ont mis le paquet encore plus que d'habitude. Tenez-vous bien, France Info avait envoyé un envoyé spécial aux ... Galeries Lafayettes (si ça se trouve, la journaliste - oui c'était une femme - avait trouvée cette idée pour aller faire les soldes pendant les heures de boulot et son crétin de chef avait approuvé ça). Imaginez la vacuité du reportage "alors machine, comment est l'ambiance aux Galeries Lafayettes" "Eh bien, il y a du monde, mais pas trop, mais quand même, ...". Passionnant, essentiel, émouvant, concernant. Je me demande pourquoi France Info a une audience qui baisse à chaque coup de Médiamétrie ...
Le soir, c'est du sérieux, la grand messe du 20h sur le service public. Toujours les mêmes images d'année en année qui me laissent aussi pantois. Un rideau de fer qui se lève (la scène est prise de l'intérieur, les journaleux ont pu faire une séance de pré-shopping exclu et installer leurs caméras) et des gens qui se baissent pour pouvoir être les premiers à se ruer sur les fringues. L'an dernier, je me rappelle que c'était une bande de nanas "Zadig & Voltaire"-style prêtes à se crêper le chignon pour un dégriffé Gucci ou un petit haut H&M. Pathétique. Cette année, c'était plutôt une bande de jeunes qui se ruaient tel Usain Bolt himself dans les rayons de ce qui ressemblait à un Carrefour. A la recherche de quoi ? Mystère ... Pour moi, ces images relèvent de l'obscénité pure et simple. On pourrait comprendre s'il s'agissait d'une distribution de riz au Darfour mais les réfugiés ont plus de dignité (ou moins de forces ...).
Et l'attitude des journalistes est à l'avenant. En cette période crise, on sent la tension ! le français va-t-il consommer, surconsommer, mega-consommer ? juste l'inutile ou le superflu en sus ? On interroge les commerçants ("ah c'est plus ce que c'était M'sieur"), les clientes ("on a tout claqué à Noël mais bon -60%, on peut pas résister"). Copenhague est bien loin ... la planète, les efforts pour baisser le CO2, on s'en tape ! c'est les soldes !
Si un Martien débarquait demain et qu'il voulait comprendre ce qu'est la société de consommation, il suffirait de lui montrer un reportage de jour de soldes. En trois minutes, tout est là. Le problème, c'est que s'il a un super-rayon-laser-arme-de-destrution-de-masse comme dans les films, il va être rudement tenté de s'en servir ...

mercredi 6 janvier 2010

Psy-show

In treatment (en thérapie en frenchy) est une série US diffusée par la fantastique chaîne HBO depuis début 2008. Deux saisons ont déjà été diffusées et la troisième est signée. En fait, il s'agit de la reprise du concept d'une série israélienne. Les américains ne regardent pas les séries étrangères, ils les adaptent (cf The Office par exemple ou Queer as folk me semble-il aussi). L'original se nommait BeTipul ce qui veut dire ... In treatment en Hébreu. Ce qui est plus rare, c'est que les américains ont aussi récupérés les script de la plupart des épisodes. Bon, je n'ai pas pu voir la mouture israélienne, donc je me contente de la française.
Tout d'abord, un mot de la prod. L'exec producer est Rodrigo Garcia qui avait officié sur Six Feet Under et Carnivale, donc rien que ça, c'est un bon indice.
Le dispositif est original : la série est diffusée au rythme de 5 soirs par semaine (!) par épisodes de 22 minutes environ pendant une durée de 9 semaines (saison 1) et 7 semaines (saison 2). Les 5 épisodes correspondent chacun à 1 session avec 4 patients différents (leur session hebdo auprès de leur thérapeute) et la 5ème session est dédiée au thérapeute lui-même et à ses sessions hybrides (amicales, analytiques, mentoristiques, ...) avec celles qu'on devine être son ancienne prof, Gina. Sessions qui sont empruntes d'une très forte relation amour/haine ('The old spyder').
Car oui, il me faut pitcher. Paul est un schrink, un thérapeute. Il soigne donc des gens par l'analyse et chaque épisode est une séance (raccourcie puisque 22' seulement) d'analyse. Le panel des patients est varié. Par exemple, dans la saison 1 :
- une ado espoir olympique gymnaste qui doit être expertisée par l'assurance pour un accident dont l'assurance rechigne à rembourser car pense que ça pourrait être volontaire
- un couple avec enfant dont la femme est enceinte. Elle veut avorter pour sa carrière, lui non
- une jeune femme très séduisante dans la trentaine (précisons que Paul a la cinquantaine) qui fait un transfert érotique total envers le thérapeute
- un jeune pilote de chasse de l'US Air Force qui a été envoyé en psychanalyse pour évaluer sa capacité à revoler après avoir tué 17 gosses en bombardant une madrasa en Irak (ce dont il ne se sent pas coupable)
On le voit, le cast est bien fait dans le sens où, si les cas ne sont pas complètement 'guys next door' (mais c'est le propre aussi de la littérature ou du cinéma de prendre des cas particuliers pour revenir au cas général ...), ils ne sont pas non plus caricaturaux (pas de serial killers, de psychopates, de schizophrènes, ...).
Le choix formel peut paraître aride, on ne sort guère du salon de thérapie de Paul, à part par la parole. Les cadrages sont simples et relativement serrés, pas d'effets de caméras. La simplicité formelle est au service d'un jeu d'acteurs superbe, de dialogues ciselés et d'une finesse psychologique totale.
La beauté de la chose est qu'on entre en empathie avec ces patients, on les aime, on les déteste, on s'identifie. Certaines sessions sont tellement intenses qu'on a l'impression de ne pas en ressortir totalement indemne. La série ne verse jamais dans le cliché et les personnages dans les archétypes. On est surpris par certains rebondissements, revirements, ou au contraire bloquages .... comme on peut l'être dans la vie. On ne connaît jamais complètement quelqu'un ...
Le rôle de Paul est superbe. Gabriel Byrne l'interprète à merveille. C'est un acteur irlandais qui a joué quelques rôles dans des films connus mais rien de marquant pour moi. Il est fantastique de justesse. On aurait envie d'être en analyse avec lui tant on le sent en empathie avec les passions. En même temps, ses failles sont exposées au grand jour et en font rien de moins ni rien de plus qu'un humain. Il est notamment rongé par le doute vis-à-vis de sa profession (mais celui qui doute n'est-il pas le meilleur croyant ? le doute n'est-il pas le meilleur moteur professionnel ?) car il trouve que les limites de l'exercice (aider les gens à prendre les décisions, ne pas les influencer, ne pas les prendre à leur place, ne jamais parler de soi, ne jamais s'immiscer dans la vie des gens) rend son usage trop faible. Il aimerait (pour des raisons liées à son passé) en faire plus, sauver les gens et non leur parler ... sujet récurrent de conflit avec Gina qui est la tenante du dogme.
La saison 2, dont je ne parlerai pas pour ne pas faire de spoiler, est aussi bonne, voire meilleure. Au programme notamment un CEO, un ado pris dans un divorce, une jeune fille malade et une avocate pré-ménopausée sans enfants.
La série a été récompensée, notamment le scénario mais aussi les acteurs jouant Paul & Gina.
Elle est apparemment diffusée sur la confidentielle Orange Cinémax, il faudra donc soit attendre soit utiliser des moyens que le respect de notre grande République et de son identité m'empêchent de citer !

Les brigades vertes

Cecile Duflot, secrétaire générale des Verts, est obligée de se justifier, notamment sur Europe 1, sur ses vacances aux Maldives. Déjà, elle avait du le faire pour son séjour à Copenhague. En effet, elle avait pris le train à l'aller (elle a du courage !) mais avait pris l'avion au retour (à cause d'une invitation au JT de TF1). Bon, c'était quand même pour le boulot. Mais là, les Maldives, ça ne passe pas : trajet en avion, tourisme sur une pauvre ile menacée par la montée des eaux ...

Le XXème siècle avait connu son lot de totalitarisme, on se dirige maintenant vers le totalitarisme vert. Les brigades vertes vont elles remplacer les brigades rouges ? A quand la Grüne Armee Fraktion ? l'instauration d'une charia écologiste ? A moins que tout ceci ne soit à l'inverse une manoeuvre visant à ridiculiser/discréditer les verts ?

Autant un Yann Arthus-Bertrand passant son temps à faire le tour de la planète en avion puis à la sillonner en hélicoptère pour ensuite venir nous faire de grandes leçons me donne de l'urticaire, autant le cas Duflot me laisse pantois. Qu'attend-on des militants ou dirigeants de partis écolos ? Qu'ils ne bougent pas de Paris ? Qu'ils passent leur vacances à Mantes-la-Jolie ? Roulent en vélo même sous la flotte ? Se fringue avec des pulls en chanvre ? Autant prendre des amishs ...

Qu'on demande déjà aux leaders des autres partis de montrer l'exemple dans leur domaine. Demande-t-on à François Hollande de plafonner ses revenus à 4.000 €, lui qui trouvait que au-delà, on était dans les "méchants riches" ?

mardi 5 janvier 2010

Intéressement aux bénéfices dans les entreprises : de la poudre aux yeux ?

Un des leitmotivs du chef de l’Etat est de redonner du pouvoir d’achat aux Français. Le problème est le comment. Pour cela, une de ses idées-force est de ressortir l’idée gaulienne de l’intéressement aux bénéfices des entreprises. Qu’on en juge:

• Avril 2008: «À l'avenir, une entreprise qui distribuera une partie de ses bénéfices paiera moins d'impôts.»

• Mai 2008: «Vous voulez payer moins d'impôts? Alors donnez plus d'intéressement! C'est simple, c'est clair, et ça s'adresse à toutes les entreprises».

• Février 2009 (intervention TV): Nicolas Sarkozy prône la règle des trois-tiers : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés sous forme d'intéressement et de participation aux bénéfices et un tiers qu'elles conservent pour financer leurs investissements et leur développement

Notons que les dispositifs proposés ne sont pas à caractère contraignant, ce qui peut faire douter sur la volonté réelle de voir cet état de fait s’imposer. Le seul dispositif à caractère contraignant est la participation aux bénéfices. Elle n’est obligatoire que pour les entreprises de plus de 50 salariés, ce qui laisse les autres au bord du chemin. Sa formule de calcul est complexe mais son montant est la plupart du temps symbolique.

Pour ce qui est de l’intéressement, l’idée est bonne à première vue. Dans mon premier emploi, j’ai été salarié dans une entreprise qui avait mis en place un accord d’intéressement très social: 30% des bénéfices étaient distribués aux employés (très proche de la règle Sarkozyenne) et la répartition était faite à part égale du haut en bas de l’échelle. La boîte tournant bien, j’ai bénéficié 2 ou 3 ans durant d’un mois et demi de salaire complémentaire par an, ce qui est loin d’être négligeable. Quand à la standardiste de la société, c’était plutôt un trimestre de salaire en plus. Bref, un exemple idéal d’intéressement aux bénéfices.

Qu’en serait-il en le généralisant? D’abord, la doctrine Sarkozyenne ne dit pas comment doit se faire la répartition du gâteau. Ainsi, le mode très «social» dont j’ai bénéficié pourrait aisément être remplacé par une répartition faisant la part belle aux cadres sup'. Par ailleurs, une question plus problématique se pose: quid de l’égalité? En effet, si certaines entreprises font de très juteux bénéfices, d’autres en font peu et beaucoup pas du tout. Une fracture (de plus) va donc se créer entre les employés de sociétés hautement rentables et les autres. Sans parler des fonctionnaires qui en seraient exclus.

Prenons le cas de Total et supposons que cette société mette en place un plan d’intéressement tel que Nicolas Sarkozy l’a défini. Total a réalisé un bénéfice net en 2008 d’environ 10,59 milliards d’euros (après ajustements, le résultat dont la presse a parlé était de 14 milliards). Le groupe emploie 97.000 personnes dont 37.000 en France (au passage, une question sur l’application généralisée du principe d’intéressement: les bénéfices logés dans une structure hors France seraient-ils distribuables aux salariés français? Les salariés étrangers d’un groupe français seraient-ils concernés par la mesure?). Si l’on applique une division toute simple, on arrive à un intéressement moyen par salarié de… 36.400 euros par salarié et par an. Une somme totalement disproportionnée. Surtout que si la répartition se fait par exemple au prorata du salaire, on imagine aisément que nombre d’entre eux vont toucher plus de 100.000 euros par an (le salaire moyen des employés africains ou birmans de Total étant, je pense, un poil inférieur à celui pratiqué en France…) et, pour les cadres sups', on va passer à du 7 chiffres. Absurde.

Cette situation fait penser à celle de la futur-ex taxe professionnelle. Une commune A qui a une siège social sur son territoire va toucher une manne considérable tandis que la commune B, qui a des besoins similaires et n’a pas cette chance, ne va rien toucher. La commune A va souvent verser dans la gabegie (médiathèques surnuméraires, équipements sportifs déraisonnables,…) tandis que la commune B en sera dépourvue. J’habite moi-même dans une commune surdotée par la grâce de la présence d’un casino sur la commune.

Pour la TP comme pour l’intéressement, il faut donc réfléchir à la péréquation. Pour la TP, cela a toujours été repoussé par les très peu partageurs maires (et habitants) des communes bien dotées. On peut imaginer qu’il en sera de même pour l’intéressement. Quel serait donc le moyen d’assurer une péréquation efficace permettant à tous les salariés de bénéficier d’une partie des bénéfices des entreprises françaises au-delà de ce qu’il en est aujourd’hui pour permettre une hausse du pouvoir d’achat? Une seule réponse apparaît: une augmentation de l’impôt sur les sociétés (qui pourrait ne pas être linéaire mais fonction de la politique de l’emploi, salariale, environnementale …). Mais j’ai peur que ce ne soit un gros mot dans la bouche de notre Président … Est-ce la bonne solution que d'alourdir la fiscalité sur les entreprises? Je n'en suis pas certain mais c'est la seule solution pour redonner du pouvoir d'achat de façon équitable en piochant dans les bénéfices des entreprises. Et cela montre que le discours présidentiel n'est autre que de la poudre aux yeux ...

lundi 4 janvier 2010

Bien mieux que le vibreur

Après la tentative d'attentat raté du vol Amsterdam-Detroit, j'évoquais la possibilité pour Al-Quaeda d'utiliser des charges explosives logées dans le fondement des terroristes afin de générer de gigantesques fouilles rectales dans les aéroports, paralysant ainsi les transports.
Il semblerait que j'ai du retard sur les terroristes ... On a tous déconné sur le coup du gars qui se mettait un téléphone dans le fion en mode vibreur (gag oh combien empreint de finesse). Et bien, les gars d'Al Quaeda ont trouvé une variante assez fun avec un vibreur poussé au mmmmaaaaxx.
Le 27 août dernier, le dénommé saoudien Abdallah Al-Assir s'est enfoncé un paquet d'explosif dans l'anus pour tenter d'assassiner le prince Mohammed Bin Nayef Bin Abdelaziz, vice-ministre saoudien de l’Intérieur chargé de la lutte contre le terrorisme. L'attentat a foiré car il manquait des morceaux de métal (qui n'auraient pas passé les portiques !). Le prince a donc juste été décoré de morceaux de bidoche de la tête au pieds (anus farci). Pas sympa mais pas mortel non plus. Il a fallu que le terroriste s'approche d'une conduite de gaz par exemple. Pour la prochaine fois ?
Là où ça se complique, c'est que la mise à feu de faisait par téléphone ... mais qu'on avait confisqué le téléphone du garçon. Alors comment a-t-il fait ? En gros, il a élaboré un stratagème pour faire composer au prince (ou à ses sbires) le numéro de téléphone ... relié au détonateur de son cul ! (évidemment le prince ne le savait pas). Ne quittez pas, nous recherchons votre correspondant ...
Quels déconneurs ces terroristes ... n'empêche que les terroristes saoudiens sont fumasses. Faire pêter des innocents, d'accord. Kamikaze OK. Mais garder un truc dans le fondement pendant des heures, alors là, NON (je n'invente rien ...).

dimanche 3 janvier 2010

Le conseil constitutionnel, dernier contre-pouvoir ?

Janvier 2010. Tout la Gaule est soumise au pouvoir de l'empereur Sarkozyus. L'ordre de l'Elyseum règne de l'Armorique jusqu'à la Corse. Toute ? Non, un petit village d'irréductible siège rue de Montpensier, au Palais Royal. On l'appelle le Conseil Constitutionnel.

Passons cette petite blagounette introductive. L'hyper-présidence Sarkozyenne est dénoncée à longueur de colonne, le népotisme, le pouvoir personnel, l'absence de contre-pouvoirs. J'adhère à tout cela, mais en même temps, Sarkozy ne fait à mon sens que profiter du système qui a été instauré en -49 avant lui-même. Bien sur, il l'a un peu renforcé en imposant une limitation du temps de débat au parlement. C'est évident abusif mais en même temps, le spectacle des députés d'opposition de droite comme de gauche (selon les périodes) déposant des milliers d'amendements différenciés par une simple virgule était aussi vain que pathétique et ne faisait que discréditer un peu plus le débat parlementaire au yeux des citoyens. D'un autre côté, Sarkozy a nommé Didier Migaud, député PS, dans le très puissant fauteuil de président de la commission des finances. On pourra dire que c'est un nième avatar de la politique de destruction programmée de l'opposition mais je n'y crois pas sur ce coup-là. Migaud n'est pas une prise assez médiatique et symbolique. Par contre, il fait un excellent travail à ce poste.

Si Sarkozy n'a pas institué cette hyper-présidentialisation du régime (il ne fait que l'utiliser à son maximum et la médiatiser), c'est à De Gaulle qu'on la doit. Elle est dans la genèse de la Vème République. On peut la voir comme une réaction à l'excès aux errements de la IVème République dont on peut encore admirer la réplique de l'autre côté des Alpes, avec sa kyrielle de records (Guilio Adreotti, dit Il Divo Giulio, a été 7 fois Président du Conseil et 21 fois Ministre ... qui dit mieux ?) et surtout son instabilité chronique.

La constitution actuelle aboutit à un régime où l'assemblée et le sénat sont devenus une simple chambre d'enregistrement où les députés peuvent, au pire, sécher, effectuer un somme post-prandial, lire Les Echos, au mieux, faire de beaux discours et s'opposer ... médiatiquement.
Le Président dispose des pleins pouvoirs en terme de forces militaires, peut lancer des OpEx et des guerres à sa convenance (il peut aussi daigner laisser un Ministre bavasser une petite heure avec les députés à ce sujet ...), négocier les grands traités les mains libres (ou discuter une heure avant Copenhague), ... le gouvernement est nommé par lui, il dispose du 49-3, le Président peut dissoudre l'Assemblée. La séparation des pouvoirs ? Vaste blague ... Le législatif, comme on vient de le dire, est sous la menace permanente de l'exécutif et le l'indépendance du judiciaire n'est qu'une vaste blague ...

La comparaison avec le Président-le-plus-puissant-du-monde, Barack "Yes we can" O'Bama est saisissante tant la Constitution américaine n'a pas adopté le même principe. Le rôle du président est bien plus restreint. Par exemple, il doit consulter les chambres pour déclarer la guerre puis faire voter le budget chaque année. Les chambres hautes & basses peuvent voter une loi sans que le président en soit à l'initiative. Celui-ci dispose d'un droit de veto mais il est rendu caduc par une majorité des 2/3. Enfin, il n'est qu'à voir la difficulté qu'à eu Obama pour imposer un texte à minima sur la santé publique alors même qu'il dispose d'assemblées qui lui sont plutôt favorables.

Alors que reste-t-il à l'opposition française, surtout quand elle est aussi faible et divisée qu'actuellement ? Pas grand chose ... si ce n'est la 5ème colonne médiatique. Attendre la prochaine présidentielle (et les législatives y afférant) ...
Les seuls contre-pouvoirs sérieux sont donc des organismes nommés, ce qui est une sacrée ironie quand on pense que la volonté de De Gaulle était de placer tout le primat dans le suffrage universel.

Il y a :

- La Cour des Comptes, qui a acquis une certaine verve et notoriété afférente, notamment depuis qu'elle est présidée par Philippe Seguin, qui a l'avantage de n'être que peu sensible aux pressions et tentations, ayant scrupuleusement auto-sabordé sa carrière auparavant. Le problème de la Cour des Comptes, c'est que ça fait de bons titres pour les journaux, de belles anecdotes pour les JT, mais ça ne va pas plus loin. Ca finit par ressembler à un énième épisode de "Combien ça coûte" ...
- La cour de Justice Européenne, qui permet de rappeler à la France qu'elle prend des engagements à Bruxelles et qu'il serait bien, de temps en temps, qu'elle les décline en droit français. Le souci, c'est que la portée en est limitée à ce qui a été décidé à Bruxelles

Reste donc le Conseil Constitutionnel ! Qu'on en juge, rien qu'en 2009 :

- censure partielle de HADOPI
- censure de 6 articles de la loi Boutin sur le logement
- censure partielle sur le travail dominical
- censure de la règle de deux députés par département que voulait maintenir le gouvernement pour effectuer le nouveau redécoupage électoral
- censure de la loi sur le financement des PME (notamment l'article sur les sukuk)
- et enfin l'estocade, la taxe carbone retoquée !

Qui d'autre peut se targuer d'un tel bilan d'opposition face à Sarkozy ?
Mais qui sont ces séditieux opposants à la geste sarkozyenne ? de dangereux gauchistes ?
Il est déjà remarquable que sur les 12 membres (inclus les 2 ex-présidents), 11 d'entre eux ont été nommés par la droite. Seul reste Pierre Joxe, nommé par Raymond Forni et dont le mandat prend fin en 2010, est un homme de gauche. Difficile donc de confondre le conseil constitutionnel avec un repère de gauchistes ...

Le Conseil Constitutionnel a été institué en même temps que la Vème république. C'est un peu un OVNI dans le sens où il n'est intégré à aucune hiérarchie. En gros, ça n'est pas une Cour Suprême ou une Cour de Cassation ... Encore une "Degaullerie" :
« la (seule) cour suprême, c'est le peuple. »
(tu parles, Charles ...).

Le Conseil constitutionnel français est composé de neuf membres nommés pour neuf ans, et renouvelés par tiers tous les trois ans. Les membres sont désignés respectivement par le Président de la République, le Président du Sénat et le président de l'Assemblée nationale, à raison d'un tiers chacun. Le Président du Conseil constitutionnel est désigné par le Président de la République parmi les membres nommés ou de droit.

Je passerai sur les subtilités de la saisine et de l'auto-saisine ou des variations sur le thème du droit constitutionnel dans lequel je me noierai rapidement. Non, ce qui m'intéresse, c'est de voir qui sont ces opposants de l'ombre (bien entendu, j'emploie le terme d'opposant ironiquement, mais de contre-pouvoir il s'agit bien ! Bien plus que ne le sont Martine Aubry et Ségolène Royal réunies ...).

A tout seigneur tout honneur : le Président, Jean-Louis Debré. Difficile d'imaginer homme politique aussi transparent et insignifiant. Un vrai grognard de la République, dont les rares (forcément, il y a meilleur client) interviews révèlent la vacuité idéologique et intellectuelle. Son étrier ? Son nom de famille. Sa colonne vertébrale ? Sa fidélité à Jacques Chirac. Son objectif ? Des susucres (Président de l'Assemblée Nationale puis du Conseil Constitutionnel). Et pourtant, le casting est ici parfait. Le bonhomme est si bouffi d'orgueil d'être le gardien du temple construit par papa qu'il remplit son rôle avec un zèle parfait.

Viennent ensuite les membres de "droit", à savoir les deux anciens présidents de la Républiques. Leur présentéisme est limité. Giscard avait toutes les bonnes raisons d'être là quand Chirac était président afin d'assouvir sa haine imputrescible datant du 2nd tour de l'élection de 1981 mais il est aujourd'hui plus occupé par le fait de compléter la collection Harlequin. Chirac, quant à lui, y a trouvé une bonne ballade occasionnelle pour ses bichons maltais qui peuvent aller pisser sur les tapis du palais Royal. Notons que les deux se croisent rarement (étonnant, non ?).

Vient ensuite un assemblage hétéroclite de personnages de second rang :
- le gang de sciences po :
- Olivier Dutheillet de Lamothe, technocrate issu de Sciences Po
- Jacqueline de Guillenchmidt, avocate issue de ... Sciences Po
- Renaud Denoix de Saint Marc, haut fonctionnaire venant de ... Sciences Po
- Pierre Steinmetz, haut fonctionnaire venant de ... Sciences Po
- Jean-Louis Pezant, haut fonctionnaire venant de ... Sciences Po
- la fille de Raymond Aron, sociologue de son état
- Guy Canivet, magistrat issu de l'ESM
- Pierre Joxe, qui doit se sentir bien seul ... Rappelons que, membre du PS, il fut ministre de l'Intérieur (2 fois) et de la Défense

Drôle d'assemblage dira-t-on ... Institution qui fleure bon la consanguinité de nombre d'institutions françaises. Oui mais voilà, c'est aujourd'hui le dernier rempart, le dernier contre-pouvoir ... en attendant une VIème république ?

samedi 2 janvier 2010

Dexter et le déterminisme

La saison 4 de la très bonne série Dexter est terminée. C'est l'heure des bilans. L'excellent blog Le monde des séries sur le site du Monde, en a profité pour sortir un post donnant une analyse assez fine de la série (attention, spoilers pour ceux qui n'ont pas fini la saison 4 !).

J'adhère à l'analyse qui en est faite qui, en gros, postule que la série est constituée de boucles qui se referment, nourrie par la quête d'identité et la relation au père, celle-ci prenant à contrepied la tragédie classique en le sens où Dexter en cherche pas à tuer le père mais en écoute les enseignements (non sans quelque rébellion dans la saison 4).

Cette relation père-fils est bien au centre de la série avec le père de Dexter (Harry) présent dans l'inconscient de son fils par delà la mort avec la technique, inaugurée (avec plus de subtilité) dans Six Feet Under (avec Nate Fisher) qui consiste à faire figurer le mort en chair et en os (l'image possédant ce désavantage sur la littérature quant à la représentation des sentiments et des pensées inconscientes).

Mais surtout, pour moi, Dexter est une série profondément déterministe. En effet, chaque personnage est construit, façonné, forgé, par son enfance ou par un événement profond lors de celle-ci. C'est évident pour le personnage de Dexter et sa seconde naissance au fond d'un conteneur. Il a beau se débattre, son destin le rattrape immanquablement, le laissant incapable de dépasser ce par quoi il a été forgé. Il partage cette sinistre malédiction avec son frère (L'Ice Truck Killer de la saison 1). Cela vaut aussi pour le fantastique Villain de la saison 4, Trinity. Mais aussi pour la plupart des personnages de la série : Debrah, workalcoholic hantée par les fantômes du passé paternel et vouée à reproduire des schémas amoureux autodestructeurs, mais aussi Vince Masuka ou encore Rita (là encore dans une quête amoureuse vouée à l'échec).
On a une vision profondément noire de l'existence que ne renierait pas Houellebecq (cf Les particules élémentaires). Pas de rédemption possible, pas d'évolution profonde. Chacun se débat, essaie de changer mais est tôt ou tard rattrapé par la matrice qui l'a forgé. C'est au fond aussi l'essence du Harry's code qui dénie tout droit à la seconde chance aux victimes de Dexter.

Mais le concept qui pour moi a le plus d'impact, de résonance personnelle, est celui de dark passenger. Dexter lutte en permanence contre cette facette de lui-même qui menace en permanence de prendre le volant à sa place et de l'envoyer dans le mur. C'est je pense la métaphore à l'extrême de ce que nous avons en chacun de nous, un dark passenger, certes pas un serial killer mais des penchants et travers qui menacent parfois de nous submerger et avec lesquels nous serons amenés à composer toute notre vie durant. A nous d'apprendre à les apprivoiser.

Quant au déterminisme, je serai moins extrême que Houellebecq ou Dexter là-dessus, pensant ou du moins espérant que l'Homme a un espoir de changer, au moins à la marge. Mais peut-être suis-je dans le déni et l'illusion. En cela, la série porte les germes de sa propre fin rapide. Les personnages étant enfermés dans une boucle qui les ramènent à leur point de départ psychologique, ils ne peuvent évoluer et diminuent donc l'espérance de vie de la série ... En cela, je ne peux qu'être d'accord avec l'auteur du blog Le monde des séries disant que la série pourrait (devrait ?) se contenter de ces quatre saisons. Le succès étant, cela est peu probable. Peu probable aussi que je boude mon plaisir de me lancer dans une cinquième ...

Voitures brulées, seuil de tolérance et statistiques

D'après le premier bilan de la nuit présenté par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, la Saint-Sylvestre "s'est bien déroulée sur l'ensemble du territoire national et aucun incident important n'a été constaté".


"Globalement, nous sommes soulagés. Il n'y a pas eu d'accidents graves, et il y a une rupture de la tendance à la hausse du nombre de voitures brûlées, déclare au Monde le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux. La baisse est même très sensible dans l'agglomération parisienne."


1.137 voitures ont été brûlées en une nuit entre le 31 et le 1er sur le territoire ainsi que 16 personnels des forces de l'ordre blessés. L'an dernier, c'était 1.147. C'est ce qu'on peut appeler une élévation du seuil de tolérance. Le même bilan il y a 20 ans aurait été jugé catastrophique et on aurait envoyé l'armée. Aujourd'hui, on se félicite ...

L'an dernier, la hausse avait été de 30%. On avait alors évoqué un nouveau phénomène :

Après réflexion, la police se demande donc si les nouvelles dispositions prises par les assureurs pour indemniser les propriétaires de véhicules endommagés, qui aboutissent à multiplier par quatre la prime à la casse de 1000 euros, n'ont pas incité un certain nombres de propriétaires à vouloir en profiter.


La prime à la casse s'arrêtait le 31/12/2009 à minuit, faut-il en déduire que les véhicules incendiées cette année l'ont été avant minuit où qu'il y a hausse organique de la violence ?

En 2007, il y avait eu 700 véhicules environ mais une polémique avait éclatée en juin faisant état de sous-estimation ...
En 2005, 425 véhicules. Donc si on reprend le bilan 2005 à 2009, on est à +167%. Bravo, Monsieur Hortefeux, effectivement, il y a de quoi pavoiser !

La "tradition" a semble-t-il pris racine à Strasbourg en 1988. En 1997, on atteignait là-bas 61 véhicules ou encore 54 en 2001. A l'époque, les comptes-rendus des médias étaient encore majoritairement locaux, preuve que le phénomène n'avait, en tout cas pas médiatiquement, pris une ampleur nationale. Bien que cette année-là, un quotidien signale 500 véhicules brûlés, rien qu'en région parisienne !
Un article de 2001 souligne aussi qu'en l'an 2000, 1.375 véhicules avaient été brûlés rien qu'à Strasbourg et sa banlieue soit environ 4 voitures par jour ...

Valse des chiffres donc .. d'abord une "tradition locale", puis un score qui s'accroît chaque année, un effet tâche d'huile et aujourd'hui un enjeu médiatique avec des chiffres qu'il faut maîtriser (par tous les bons ou mauvais moyens), relativiser, apprivoiser, ... Relativisation qui invite donc la population a élever son seuil de tolérance : bah, 1.100 bagnoles, pas si grave non ? Ca prolonge la prime à la casse, ça fera reprendre la croissance du secteur automobile, sauvegarder des emplois ! Ah, c'est des pauvres ? Ils ne peuvent pas se racheter une voiture ? Ah ben ils circuleront en bus, ça fera moins de CO2. Quoi, plus de bus dans leur banlieue ? Les chauffeurs ont peur ? Eh ben y resteront chez eux à regarder TF1 ...

Et au fait, les 364 autres jours de l'année ? Combien de voitures en feu ? Eh bien, il semblerait que le chiffre soit au-delà des 40.000 par an. Ce qui veut dire que, chaque jour, 100 voitures partent en fumée en France. Certes, c'est 10 fois moins que pour la Saint-Sylvestre, et cela se fait dans le silence le plus total ... Une caisse toutes les 15' ... Les statistiques officielles, contrairement aux communiqués rodés du Ministère pour le Nouvel An, sont très très discrètes. Mais a priori, on serait passé de 16.000 véhicules par an à ... 42.000 en 2007 et environ 50.000 en 2008.
La nuit du réveillon serait donc l'arbre (en feu) qui cache la forêt (itou).

On a les classements que l'on mérite ?

Avec le 1er janvier viennent les sacro-saints classements ...
L'Equipe nous livre celui des sportifs préférés des français.
Jugez-en :

1. Sébastien Chabal avec 35,9% des suffrages
2. Sébastien Loeb, 34.5%
3. Thierry Henry, 33.2%
4. Jeannie Longo, 27.8%
5. Tony Parker, 25.7%
6. Alain Bernard, 24.5%
7. Olivier de Kersauson, 24.1%
8. Franck Ribéry, 24%
9. Gaël Monfils, 22.3%
10. Yoann Gourcuff, 20.5%


Euhhh je suis pas spécialiste de rugby mais Chabal, c'est pour la pub Seat, Urgo ou Charal ? Devant Sébastien Loeb qui est, lui, incontestablement un des plus grands sportifs français avec un 6ème titre d'affilée en WRC (record absolu qui devrait être de 7, puisqu'il avait eu en 2002 la 2nde place en étant victime de consignes d'écurie). Quant à Kersauzon, eeeeuhhh bon, ça doit être un reste des Grosses Têtes. Et Ribery surement la couronnement de sa forme olympique au Bayern ... Je ne parle même pas de l'absence de JB Grange (petit globe de cristal de Slalom), de Julien Lizeroux (2 x argent aux Mondiaux de ski, ...) ou encore d'Aurélien Rougerie (ben quoi ouais y joue à Montferrand non ?).

Mais la connerie des conneries, c'est l'élection par le JDD (par sondage) du français préféré des français, le primus interpares de la total fame. Ne cherchez pas de prix Nobel, de belles âmes, de sauveurs de planète surchauffée, de héros du quotidien, nanananan
Jugez-en :

1. Noah (le père oui, pas le fils qui fait des double-double à chaque match), sans doute grâce à sa victoire à RG il y a ........ 27 ans maintenant (ça ne nous rajeunit pas)
2. Dany Boon (no comment)
3. Zidane (aahh qu'il a été présent dans nos vies Zizou en 2009, auprès de tous, multipliant les déclarations chaleureuses, ...)
4. Mimi Mathy (comme quoi, mieux vaut jouer un ange gardien et être handicapé qu'être en pleine forme et jouer un connard)
5. Gad Elmaleh
6. Sophie Marceau : bon là je dis rien. Certes, c'est pas Mère Teresa. Certes, c'est un peu une cruche. Certes, elle se tape cet hydocéphale de Christophe Lambert (nan même pas le pubard, l'autre, Highlander). Mais elle a plus de 40 ans, elle est belle, rayonnante et pour ma tranche d'âge, elle représentera toujours la madeleine érotico-pubertaire par excellence
7. Aznavour (pour sa 23ème tournée d'adieu)
8. Michel Sardou (il a piqué la place de Barbelivien, pas sympa ...)
9. Cabrel (ah, il est encore là ?)
10. Hallyday. Il gagne 8 places cette année pour rentrer dans le top 10, l'idôôôôle des jeunes (Raffarin par exemple). Pas mal ... mais s'il avait daigné passer l'arme à gauche, il pouvait dégommer Zizou ... pour 2010 peut-être ? Allo Delajoux ? ou j'ai un kyste à enlever ... oui tout à fait, au-dessus du cou, sous la crête blonde
16. Pernaut : Notre 2ème JPP national gagne ... 20 places. SISISISI 20 places cette année, c'est dire que le poujadisme se porte bien. Autre hypothèse qui a pu être favorable à ce héraut du journalisme, éternel candidat au prix Albert Londres : crise donc chômage donc gars en jogging qui glandent chez eux devant la TV, opportunité de découvrir le JT de 13h de TF1 ... ce qui pose un problème au gouvernement et à Pole Emploi. Une fois que les chômeurs ont goûté du JPP, ils ne veulent plus retrouver du travail et rater leur idôle ...
22. Simone Veil : ancienne déportée, femme remarquable, loi pour l'avortement, combat pour les femmes, ce doit être une erreur
30. Vanessa Paradis
34. Jacques Chirac : c'est ce qui est formidable avec ces classements ... on peut avoir été président pendant 12 ans, avoir été tellement bas dans les sondages qu'il fallait rogner sur les marges de bas de page, avoir été un roi fainéant, avoir trempé dans tellement d'affaires que tout le monde a censé d'en faire le compte ... et dès qu'on part à le retraite, on redevient le meilleur copain de tout le monde. Encore un peu et y aura des manifs de soutien devant les tribunaux qu'il fréquente. Il va reçevoir des camions de bichons maltais ... Un conseil à Patrick Balkany : toi aussi Patrick, prends ta retraite, tu as ta chance d'entrer dans le Top 50. Sisisisisi. Et même ta femme peut y être si elle participe à un truc caritatif (et si elle enlève ses lunettes ridicules et qu'elle n'ouvre pas la bouche)
46. Bernie (Chirac, pas Bonvoisin ...)
47. Rama Yade : la politique, c'est comme les frites McCain, c'est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus (de points dans les sondages)
48. DSK, malgré (ou à cause) de ses acrobaties sur photocopieuses ...

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