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samedi 24 novembre 2012

50/50, la mort de la démocratie ?

Ah ils sont ridicules à l'UMP, hein ? Mais bon, il y a quand même quelque chose qui me chiffonne. Vous n'avez pas remarqué que toutes les élections, de nos jours, se finissent à 50,x vs 49,y ? Election de l'UMP, congrès PS de Reims, Bush vs Gore. De nos jours, un 52/48 à la présidentielle est vu comme une victoire à plate couture. Est-ce que c'était mieux avant ? Je n'en sais rien mais n'en suis pas certain du tout (cf élection de Kennedy en 1960). Est-ce du à la médiocrité des hommes (et des femmes), au conformisme des idées ? Pas mieux ...

Alors, j'entends certains qui disent : mais enfin, ça n'est quand même pas dur de compter des bulletins ! Et bien si ... L'opinion peut être vue comme une grandeur physique : sa mesure s'accompagne toujours d'un degré d'incertitude. Elle peut provenir de simples erreurs de comptages (errare humanum est - et qu'on ne me dise pas qu'un vote électronique serait sans faille puisqu'il serait conçu et opéré par des humains), erreurs de votes (bulletins nuls par "doigts carrés") ou volonté délibérée de fausser la mesure.

Le vrai problème, c'est quand la marge qui départage les idées ou les hommes est inférieure à la marge d'incertitude de la mesure. Il semblerait que nous démocraties modernes aient atteint ce point. Serait-ce le début de la fin de la démocratie ?

The ringing of the division bell had begun
Along the Long Road and on down the Causeway
Do they still meet there by the Cut

Pink Floyd "High hopes"

3 commentaires:

  1. L'ennui, c'est surtout la légitimité des élus après des victoires aussi courtes... Surtout si on compte les votes blancs, le résultat, c'est toujours qu'une minorité impose son gouvernement à l'ensemble des citoyens. D'où des manœuvres saumâtres dans toutes les assemblées pour constituer une majorité artificiellement et pouvoir gouverner (genre : le parti qui a fait le meilleur score reçoit la moitié des sièges et l'autre moitié est répartie proportionnellement aux voix).

    Ça n'est pas la fin de la démocratie, tout au plus celle de la démocratie par représentation. Deux suggestions pour corriger cet effet :
    - Les candidats s'engagent sur une liste d'actions à mener et de résultats à obtenir s'ils sont élus ; un tribunal juge à la fin de leur mandat si les actions promises ont été effectuées et si les résultats escomptés ont été obtenus, et jusqu'à quel point, et en cas de tromperie (trop de promesses non tenues) ou d'incompétence grave (trop de résultats non atteints), prononce des peines d'inéligibilité.
    - On introduit une bonne dose de mandatement explicite, c'est-à-dire que certains élus le sont pour s'occuper d'une affaire donnée pendant une durée donnée, et pas pour représenter les citoyens sur toutes les questions possibles et imaginables.

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  2. @Remy : bonne propositions auxquelles il faut ajouter les travaux de chercheurs (qui prennent la poussière sur les armoires) pour faire changer le mode de vote : plutôt que de choisir entre la peste et le choléra (souvent le seul choix), pourquoi ne pas classer ? Et/ou vetoiser ceux qu'on ne veut VRAIMENT pas au pouvoir. Mettre une note, etc etc
    Bref, des méthodes visant à faire émerger un consensus plutôt qu'une illusoire majorité.
    Vous vous en doutez, les évaluations qui ont été faites sur ce que ça aurait donné en France en 2007 et 2012 donnent Bayrou très haut (voire président) en 2007 et beaucoup plus haut en 2012. La recherche du consensus favorise les centristes, c'est bien pour cela que tous les autres se battront pour que cela ne soit jamais mis en place. D'autres diront que la recherche forcenée du consensus, comme les tentatives centristes, sont émollientes. Ce qui a un fond indéniable de vérité ...

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  3. il y aura toujours la moitié de la population mécontente. (sans même compter les électeurs "gagnants" déçus...) la politique a-t-elle un avenir durable ? Est-on obligés de suivre tel ou tel parti ? Pourquoi ne pas trouver une réponse démocratique, apolitique, rassemblant tout le monde dans une autre forme de société ? De mon avis, la politique n'a guère d'avenir...Si "ils" veulent vraiment nous "sauver", je pense qu'ils auraient assez "d'intelligence" pour faire la paix et tenter de trouver des solutions communes, un terrain d'entente...Alimenter la haine et la compétition des partis est un signe incontestable de manque d'initiative pour rendre le peuple heureux.

    Chaque avis compte, la majorité ne devrait pas l'emporter, même si une personne n'est pas d'accord avec le reste du pays, il faut l'écouter, elle a peut-être quelque chose à dire et il ne faut pas l'oublier...pourquoi cet acharnement vital sur la majorité...Est-ce là un reflet que nous ne pouvons définitivement pas nous entendre tous ensembles ? Cela n'arrangera pas les choses d'alimenter une telle dispersion !

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