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jeudi 1 novembre 2012

Comme un réveil après une longue nuit


Comme un réveil après une trop longue nuit. Comme le matin à la montagne, longue nuit alanguie, réveil difficile, sortie dans l'air qui glace la gorge et les poumons, souffle embué. Un regard envoyé vers le panorama, beauté minérale, absolu de blanc. La jouissance esthétique presque trop aïgue, la rétine douloureuse après une nuit à ne contempler que du noir et à envoyer du signal blanc au cenre de traitement visuel du cerveau.

Je me suis éveillé à la vie il y a un mois, comme un vacancier qui renaît au soleil. Je suis sorti d'une gangue de langueur, j'ai mué en une créature de vie et de pulsions. Comme le vacancier, ma rétine brûle, la jouissance de l'esprit et des sens est parfois presque insoutenabe. Quelle intensité de plaisir et de sensations l'être humain est-il programmé pour supporter ? Y-a-t'il une limite au-delà de laquelle on bascule ? Vers la folie, le néant ou bien l'on se consume dans une éphémère débauche de photons, saturant le spectre lumineux ?

Les mystiques m'ont toujours laissé de marbre. Castaneda, le peyolt, repousser les limites de la conscience, non, vraiment, merci, très peu pour moi. Mais je dois revoir mon échelle de valeurs. Attenton, je carbure au naturel moi monsieur, pas d'ergot de seigle  ou de saloperie coupée au kérosène. Mais la mystique oui. Un embrasement du corps et du cerveau, l'impression de toucher du doigt le Grand Tout, de réussir l'unification terminale, physique quantique, sociologie, économie, philosophie, philologie, réduire le monde en une équation unique, une formule entropique ultime, une E=mc2 cosmogonique. Danser avec les anges et faire l'amour aux étoiles. Puis le contraire. Et accepter l'idée de sa propre mort, enfin, comme résidu infinitésimal de l'univers.

Je me suis senti conscience globale, amoureux de mon prochain et de tous, muet d'admiration devant les prouesses de l'humanité. J'ai pleuré d'empathie et de compassion au son des événements du monde. Puis est venu le mépris, la misanthropie devant le caractère inéluctablement fini et limité des capacités humaines. Mes congénères, frères d'Humanité, me renvoyaient l'image de ma propre faiblesse. Incapable de rompre avec mon sentiment d'invincibilité, je choisissai de casser le mirroir. Loin, là bas, dans ma conscience, roulaient déjà les échos de la culpablité à mesure que les éclats de verre roulaient au sol.

"On a tellement tutoyé de fois le bonheur qu'on pourrait mourir demain
Sans regret, sans remords 
Notre seule erreur était de rêver un peut trop fort
En omettant le rôle important que pouvait jouer le temps
Sur le comportement de chacun, pourtant"

Tout n'est pas si facile, Supreme NTM

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