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jeudi 15 novembre 2012

Le marechal Petain et les colliers de nouilles


Ma fille a 5 ans 1/2. Elle est en maternelle, Grande Section. La maîtresse et l’ATSEM ont l’air des gens bien dédiés à leur travail. Bref, ça roule. Un truc me chagrine néanmoins : depuis l’an dernier, pas de collier de nouilles pour la Fête des Mères et de cendar en pâte à modeler pour la Fête des Pères. Oh, rien de bien dramatique. J’en m’en étonne quand même. La nounou qui garde ma fille en péri-scolaire et qui a son fils du même âge dans la même école est plus remontée que moi à ce sujet. Comme elle s’est inscrite à l’association des parents d’élève, elle décide de poser la question.
Elle n’a pas été déçue. Les maîtresses lui sont tombées sur le râble. Avec 3 explications :

  •   Trop excluant : si un enfant n’a pas de papa ou de maman, alors c’est trop difficile à gérer pour lui
  •  Trop affectif : la Grande Section est là pour enseigner aux enfants de la « data » pas de l’affection. Ca,     c’est laissé aux parents
  •    La fête des Mères, c’est un truc de Pétain


J’ai cru que les bras m’en tombaient (mais non, la preuve, j’écris encore !). Alors trop excluant, c’est encore ce qui me convainc le plus. Quoique si on résonne ex absurdo, on ne devrait pas apprendre à lire : certains enfants handicapés ne le pourront pas, c’est excluant. D’autres enfants ont des régimes sans gluten, sans arachides, sans œuf : il faut donc trouver un menu à la cantine qui exclut toute forme d’allergène pour tous les enfants et ainsi prévenir toute forme d’exclusion. On n’est jamais trop prudent.

Trop affectif ? Je ne sais pas ce qu’on apprenait à l’IUFM. En effet, il me semble que les sciences cognitives ont établi que l’enregistrement de données factuelles était beaucoup plus efficace si elle était reliée à une émotion. En gros, si vous apprenez « Marignan 1515 » de la bouche de votre bien-aimé grand-père mourant, vous ne l’oublierez jamais. Mais bon, vouloir que nos enseignants maîtrisent le fonctionnement de base du cerveau avant d’enseigner à nos enfants est sûrement trop demander. Par ailleurs, la Grande Section me semble truffé d’affectif. Par exemple, les enfants doivent aller à la rencontre des différents métiers de l’école (le gentil monsieur qui fait traverser les enfants, le monsieur de la cantine). Une très bonne idée mais tellement trop chargée d’affectif. Il eut suffi d’un organigramme et d’une bonne explication. Et puis toutes ces poésies qu’ils apprennent, c’est tellement chargé d’émotion et d’affects. Pourquoi ne pas passer direct aux rudiments de la compta ? Ca, c’est de la data !

Enfin Petain. Là, c’est le pompon. Le maréchal qui ressort de sa boîte 70 ans après dans une discussion sur les porte-photos en rotin. Ah sur la question politique, les enseignants ne semblent pas en retard (surtout d’une guerre). Alors oui Petain a poussé (mais pas inventé) la fête des mères : 70 ans après, les écoliers et leurs parents doivent-ils en subir le préjudice par enseignant interposé ?
Et on fait quoi ? On supprime derechef tout ce qu’a touché Petain ? Allons-y :

  • -        Suppression de l’accouchement sous X (décret-loi du 2 septembre 1941)
  • -        L’ordre des Medecins (7 octobre 1940)
  • -        Les retraites par répartition (14 mars 1941)

2 commentaires:

  1. Pétain on nous l'avait pas faite, mais l'histoire des enfants orphelins, c'est aussi la raison qu'on nous a donnée. Perso, j'adhère.

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  2. Je comprends.
    Ici, ca n'est pas les orphelins mais famille monoparentales/divorcées/recomposées
    Il y a bien un orphelin dans l'école de ma fille mais adopté. Et ses parents adoptifs seraient ptet contents d'avoir un collier de nouilles !
    Mais cet argument est le plus valable, je l'ai dit. Les 2 autres ..
    Dans le même ordre d'idée, ya un sapin de Noël à l'école de tes enfants. Nous je crois pas (laïcité même si le sapin et le père Noël n'ont rien à voir)

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