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mercredi 12 décembre 2012

Riches pas aimés ? Français font juste le tri entre riches "aimables" (Niel) et les autres (Levy)

Le classement 2011 des patrons les mieux payés vient de sortir. C'est, sans surprise, Maurice Levy qui gagne. J'avais écrit un post il y a 15 mois où je le décrivais en "idiot utile du Sarkozysme" (pas idiot hein ! "idiot utile", c'est une expression. Je précise car à l'époque il y avait eu incompréhension. Je ne me permettrais pas de traiter Momo d'idiot ... le post d'époque est plus cas). Et le débat de reprendre. Les riches (en patrimoine ou en revenus) vont nous dire "les français ne nous aiment pas, ils n'aiment la richesse". "D'ailleurs, il ont élu un Président qui a dit qu'il n'aimait pas les riches" (chose que je n'arrive pas à retrouver sur Google, si quelqu'un a le lien !). "Alors que nous rendons tant de services aux pauvres, les ingrats". Bon mettons de côté les incompétents ou malhonnêtes (c'est lui qui le dit) et ridicules (aussi lui) comme Arnaud Lagardère.

Je ne suis pas sur que les français n'aiment pas les riches. Certes, nous sommes imprégnés d'une culture catholique ("il est plus difficile à un riche d'entrer au Royaume des Cieux qu'à un chameau de passer par le chas d'une aiguille"). Qui nous fait rendre la richesse suspecte. Et nous avons l'impression que pour être riche, il faut :
  • Etre bien né (si possible héritier/rentier, au moins avoir un solide réseau via sa famille)
  • Faire une des quelques grandes écoles qui vont bien (X, ENA, ...)
  • Passer par un cabinet ministériel
  • Avoir de solides amitié politiques
Alors bien sûr, une partie de la population (à laquelle je n'appartiens pas) dira qu'il faut aussi, dans les pré-requis, "violer la loi", "écraser les autres". Je ne dis pas que cela n'arrive pas (loin de là !) mais je ne pense pas que ce soit un pré-requis. Alors que les quatre autres que j'ai cité si (voir plus loin ma "recherche) ! Ajoutez à ça, qu'une fois fortune faite, nos riches ne consentent à ouvrir des fondations que pour des choses comme l'art contemporain. Je n'ai rien contre l'art contemporain mais enfin c'est d'une portée concrète un peu moins significative pour nos concitoyens que, disons, les Restos du Coeur. Imaginez on peut rêver que Bernard Arnault ouvre une fondation avec 50% de sa fortune (estimée à 21,2 Mds€). Qu'il place l'argent à 3%. Que le budget des restos du coeur est de 150 M€ environ et qu'il augmentera de 3,5% par an (avec du coup des service de plus en plus renforcés). Et bien la "Fondation Bernard Arnault pour les Restos du Coeur" permettrait de couvrir le budget des Restos du Coeur jusqu'en ... 2072. A cette date, le budget des restos du coeur aurait été multiplié par 8 ! Et Bernard Arnault aurai sa statut partout en France. Oui mais lui ce qui le branche, c'est la création et l'art contemporain pas que ses contemporains bouffent le soir. Chacun son truc !

Contrairement aux américains, de culture protestante, qui n'ont pas de honte de "faire du fric" mais vont redistribuer à leur fac ou aux gamin africains (Bill Gates). Voir le programme "Giving Pledge" lancé parles partenaires de bridge Bill Gates et Warren Buffett. Alors essayer de sortir un riche français qui ne correspondent pas (trop) aux 4 critères que j'ai cité. C'est dur. En trouver un : Xavier Niel., 12eme fortune de France : 3,59 Mds€. Voilà un type qui n'est pas né pauvre mais pas non plus avec une cuillère en argent dans la bouche (condition n°1). Il n'a pas fait l'X ou l'ENA (condition n°2). Il n'est pas passé par les cabinets ministériels mais a commencé à faire fortune via le Minitel Rose oet via l'industrie du cul tout court (condition n°3). Il semble s'être fait des amitiés politiques mais ça n'est pas ça qui a permis à Iliad / Free de décoller (condition n°4). Il est mal-aimé Niel ? je crois pas. Je crois même que c'est une sorte de héros chez les 15-30 ans (le coeur de cible de Free).

Comme quoi, on a ce qu'on mérite. Certes, les français ont la suspicion facile (culture catho) mais ils aiment ceux qui le méritent (les talentueux) et n'aiment pas les autres, les infatués donneurs de leçons qui les ignorent. Comme quoi, n'en déplaise à certains, le peuple n'est pas si con et à sa logique !

Post du 31/08/2011 :

Maurice Levy, idiot utile du Sarkozysme

Maurice Levy, patron de Publicis, fleuron français de la pub (plus de 5 Mds€ de chiffre d'affaires et 10% de rentabilité nette en 2010), était jusque-là relativement inconnu du grand public. DG du groupe depuis 35 ans, PDG depuis 25 après avoir succédé au fondateur de la boîte, ayant fait grandir celle-ci à un rythme très soutenu notamment à coup d'acquisitions (parfois hostiles), il n'a pas eu les outrecuidances médiatiques d'un Messier ou la réputation égomaniaque d'un Ghosn. Il n'en a pas moins amassé 108 M€ de fortune et est le 5ème patron le mieux payé de France avec 3.6 M€ annuels. Il est également à la tête du discret lobby patronal nommé AFEP (Association Française des Entreprises Privées). Un ténor du CAC40, discret et puissant, un peu "old school". Or, le voilà à la une de l'actu avec son appel à être plus taxé dans Le Monde le 16 août suivi d'une invitation dans la matinale de France Inter le 28 août puis d'un article dans le Financial Times le 30 («I am not a masochist but the rich must pay more»). Que penser de Maurice Levy? Emule de Warren Buffett? Parangon de solidarité? Porte-parole des plus fortunés qui pensent qu'il faut faire un geste pour sauver leur avantages? Ou idiot utile (conscient ou inconscient) d'un sarkozysme qui vient de taxer a minima les riches? 

Levy vs Buffett

Le premier à dégainer dans la demande d'être plus taxé a été Warren Buffett dans le New York Times le 14 août, présent depuis des temps immémoriaux dans le Top 10 des plus grandes fortunes de la planète (il a même été n°1 en 2008). Notons déjà que la tribune de Buffett n'était pas une grosse surprise: il a déjà par le passé fait connaître ses positions sur le sujet en souhaitant que soient abolies les baisses de taxes pour les plus fortunés mises en place par Bush fils ou encore que l'impôt sur les successions soit drastiquement relevé. Position qu'il partage avec Bill Gates. Il a par ailleurs prévu de donner une grande partie de sa fortune à la fondation de ce dernier. Que nous-dit Buffett? Qu'il entend parler de sacrifices à faire mais que, s'il voit bien ceux faits par les classes pauvre et moyenne, lui (ainsi que ses potes mega-riches, selon son expression) n'en a pas vu la couleur. Il n'hésite pas à donner le montant de son impôt sur le revenu au dollar près (env. 7 M$) en précisant que son taux d'imposition est de 17%, le plus faible parmi les 20 salariés de son siège. Ses analyses ne manquent pas de sel. Il rappelle que les taxations sur les gains financiers étaient de 39.9% en 1976-77 et que ça n'empêchait personne d'investir et de faire du profit... et surtout pas lui! Et donc que les très grosses baisses consenties à ce sujet ne sont que des cadeaux sans justifications économiques.

Maurice Levy, lui, ne nous parle pas du montant de son impôt sur le revenu de l'an dernier. Dommage, l'information aurait été intéressante! Après tout, il demande à être plus taxé, il eut été intéressant de savoir d'où il part... Maurice, si tous nous lis... Non, M. Levy commence par nous infliger un pensum sur l'analyse de la situation économique actuelle qui, pour lui, n'est pas si noire («J'ai été surpris de voir combien les discours allaient tous dans le même sens, et que rares étaient ceux qui tentaient d'expliquer sereinement et rationnellement les choses»). Un peu de retape pour la règle d'or, une condamnation de la dépendance de l'Etat à l'égard de la dette et, enfin les propositions. Avec, en n°1, une réduction «brutale» des déficits et notamment des dépenses. Bref, de la super-rigueur. Ensuite, seulement en n°2, une contribution des riches, des «nantis» dit-il lui-même dans lesquels il s'inclut timidement («nous» et non «je» - là où Buffett assume totalement le "I"). Attention, les patrons méritent leurs rémunérations («et pour certains plus encore») mais il faut bien contribuer à l'effort national donc va pour une taxe. Mais exceptionnelle, hein! Il ne faudrait pas que ça dure trop. 

Bref, il n'y a pas photo entre Buffett et Levy et il paraît étonnant que l'un ait été signalé dans la lignée de l'autre. Là où Buffet dénonce les excès, parle à la première personne du singulier et donne le montant de son impôt, plaide pour une aide pour les plus défavorisés et pour un relèvement permanent des impôts des plus fortunés, Levy propose une cure d'austérité à laquelle il veut bien contribuer du bout du portefeuille.

De bien petits actes

Le 25 août, c'est une brochette de 16 très fortunés (dont Maurice Levy) qui lance un appel dans le Nouvel Obs: «Taxez nous !». Ils demandent que soit mise en place une «contribution exceptionnelle» les concernant. Mais attention, cette bonne volonté est assortie d'une quasi-menace: elle doit être «raisonnable» sans quoi il risque d'y avoir des «fuites de capitaux» ou de l'«évasion fiscale» (Liliane Bettencourt, signataire de l'appel, n'a pas attendu pour pratiquer). Et puis, nos bons riches le précisent bien: cette taxe n'est pas une solution en soi, il faut aussi que l'Etat gère mieux son argent (austérité donc).

Dans la foulée, François Fillon obéit aux demandes des plus riches en décidant une taxation exceptionnelle (qui prendra fin lorsque le déficit repassera sous les 3% du PIB, soit normalement en 2013). Elle a le mérite de porter à la fois sur les revenus du travail mais aussi du capital. Son montant et son assiette sont par contre on ne peut plus symboliques: 3% sur la somme excédant 500.000€ de revenu par part. Cela veut dire que, pour un couple sans enfant à charge, il faut gagner plus de 100.000€ bruts par mois. Autant dire que l'on ne touche que les très très aisés. Imaginons ce même couple qui gagne 150.000 € bruts par mois et 150.000 € de revenus du capital par an. Il paiera une contribution exceptionnelle de 16.500€ en 2012 soit 1% de ses revenus! Cela revient (pour cet exemple) à remonter temporairement la tranche haute du barême de l'IR de ce couple de 41% à 42,4% (voir calcul plus bas). Par ailleurs, la baisse du barême de l'ISF (couplée à la suppression du bouclier fiscal) avait fait perdre environ 1,5 Mds€ de recettes annuelles à l'Etat. Cette contribution temporaire va permettre de faire rentrer 200 € seulement. Bref, Maurice Levy a parfaitement joué son rôle d'idiot utile du Sarkozysme en mettant en scène une bien dérisoire contribution des plus fortunés.

In bed with Maurice Levy

L'intervention de Maurice Levy sur France Inter (interview et questions) ce lundi était fort intéressante. En effet, les tribunes présentent le désavantage d'être unilatérales alors qu'ici le questionnement a permis de comprendre un peu mieux la pensée du patron de Publicis. On y apprend que, selon lui, la contribution doit être «significative et forte» mais qu'il ne veut pas se prononcer sur le pourcentage donné par François Fillon. Nous apparaît également la genèse de sa tribune: non pas la volonté d'anticiper la taxe en faisant pression "à la baisse", non pas préparer le terrain pour le gouvernement, juste le fait qu'au «milieu des vacances», il avait été attéré par la perte du AAA américain et par le «choeur des pleureuses» et des «déclinologues» qui s'en est suivi. Il a alors senti qu'il était de son «devoir» que de prendre sa plus belle plume pour écrire au Monde pour insuffler un peu d'optimisme. Touchant.

Interrogé à juste titre par Patrick Cohen sur le fait que Warren Buffett demande, lui, un rééquilibrage durable des impôts et non une rustine temporaire, Levy lâche un «peut-être j'en sais rien», puis concède qu'il est prêt à payer plus d'impôts mais que, bon, ce qui compte avant tout, c'est de s'attaquer aux déficits: suggérons à Maurice Levy qu'il y a un certain lien entre impôts et équilibre budgétaire... mais lui préfère parler d'une baisse drastique de la dépense publique. Plus facile, forcément (pour lui)! Pour ce qui est de la suspicion d'une volonté de redorer le blason des patrons, Maurice Levy, le grand manitou de la communication, dit qu'il a juste eu «un coup de sang» et aucune autre volonté. Amusant.

Il nous fait savoir également qu'il n'a «pas le temps de faire de l'optimisation fiscale» et qu'il paye donc plein pot ce qui fait le «désespoir de [son] conseiller fiscal» (on se demande bien pourquoi il a un conseiller fiscal si c'est pour payer plein pot). Lorsqu'est abordé le fait largement documenté désormais de l'envol des rémunérations (comparativement au reste de la population) d'une très petite frange de la population (moins de 1%) et notamment des patrons de grandes entreprises, Maurice Levy nous ressert la fable du mercato des grands patrons. Ceux-ci seraient tellement demandés qu'il a bien fallu aligner leurs émoluments sur ceux du monde anglo-saxon. Il pousse même jusqu'à dire que cette hausse du salaire des patrons serait due à la mise en place d'une «bonne gouvernance» et qu'il y a eu «pénurie de dirigeants». Quand Patrick Cohen lui demande un exemple de patron s'étant exilé, il hésite puis botte en touches en parlant des «100.000 cadres et ingénieurs travaillant dans la Silicon Valley». M'est avis que peu d'entre eux touchent le salaire du patron de Publicis. Challengé sur la possibilité d'une hausse des tranches marginales de l'impôt vers des pourcentages beaucoup plus élevés (comme cela a été le cas aux USA à une époque), il s'étonne que les journalistes passent autant de temps à disserter sur les salaires des patrons (que fait-il là alors?) au lieu de parler de la compétitivé des entreprises. Taxer davantages les successions? Il trouverait ça «dommage». Par pour lui (grands dieux !) mais pour les PME.


Au final, je ne comprends pas trop ce que Maurice Levy a essayé de faire. Est-il en service commandé pour l'Elysée? Possible. Si ça n'est pas le cas, c'est à désespérer. Escomptait-il vraiment, par ces déclarations, montrer la solidarité des très hauts revenus avec le reste des Français? A-t-il cette naïveté, cette déconnexion avec le "monde réel"? En tout cas, il est un très bel exemple de l'archaïsme du monde patronal français, engoncé entre des théories cache-sexe pour justifier leurs revenus et un reste de culpabilité maladroite. 

Calculs: le couple (2 parts) gagne 1,8 M€ bruts par an soit environ 1,4 M€ nets ainsi que 150 k€ de revenus du patrimoine. La contribution de 3% donne un impôt supplémentaire de (1.550.000€ - 500.000€ x 2) x 3% = 550.000€ x 3% = 16.500€. Soit 16.500/1.550.000 = 1,06% de son revenu net global. Si l'on avait voulu obtenir la même contribution additionnelle en relevant la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu (IR), il aurait fallu tenir compte des seuls revenus du travail par part (1,4 M€ / 2 = 700.000€) dépassant le seuil de la tranche supérieure soit 70.830€. Cela revient à augmenter le pourcentage qui porte sur (1.400.000 x 0,9) - 70.830 = 1.189.170€ de cette tranche. Le 0,9 correspond à l'abattement de 10%. Par ailleurs, l'effet du quotient conjugual est nul pour cette tranche d'impôts. Pour obtenir une "surtaxation" de 16.500€, il faut augmenter la tranche de 16.500 / 1.189.170 = 1,4%. Soit une imposition de la tranche marginale de 42,4%.

"But I've got a Momma whose a hummer
Whose keeping me alive
While I'm in the band doing drinking with the boys
She's working 9 to 5
[She] knows her place that woman
Just you wait -
One of these days see me driving round town
In my rock 'n' Rolls Royce with the sun roof down
My bottle of booze
No summer time blues
Shouting out, "Look at me"
In my rock 'n' roll voice
Ain't no fun waiting round to be a millionaire"


AC/DC "Ain't no fun waiting round to be a millionaire" 

3 commentaires:

  1. Je crois que si qui nous rend Niel sympathique est en partie le fait qu'il se verse une rémunération "raisonnable", puisque, de mémoire, il gagne 15 k€ / mois. Alors avec ce salaire, il émerge quand même très au-dessus du péquin moyen. Mais il va pas non plus se verser un bonus de 16 M€ comme Levy...quoique je n'ai jamais cherché précisément dans les détails.

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    1. Bien sur que ça joue. Il ne donne pas l'image d'un mec qui se sert sur le dos de sa boutique. Mais il a qd même un patrimoine estimé à 4 Mds€. Alors Levy aussi a grandement contribué, sinon à créer, mais à booster Publicis. Mais lui donne des leçons aux autres, notamment sur la bonne gestion de l'Etat. Niel évite ...
      Levy, vu son parcours, s'il avait la décence de garder ses leçons pour ses dîners en ville et de ne pas se verser 16 M€ de bonus, aurait tout pour être aussi aimé du français (si en plus il faisait un peu de philanthropie ... certes, il milite en faveur de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière mais combien y met-il de ses revenus ? mystère ... la discrétion surement !)

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  2. Vaste sujet. Tout d'abord il conviendrait peut être de rappeler que si on gagne beaucoup d'argent parce qu'on le mérite (par ses compétences, les risques que l'on prend, son génie) c'est un peu plus facile à admettre que si on est un héritier/un rentier ou quelqu'un de malhonnête.
    A ce titre je fais une différence importante entre le manager du Cac 40 qui est un gestionnaire (et dont la rémunération peut paraître délirante, surtout quand sa société ne marche pas bien, voir Carlos Ghosn cette année par exemple), le gérant de hedge fund (qui ne crée pas de richesse autre que virtuelle) et l'entrepreneur qui met son argent sur la table et prend le risque de le perdre, tout en essayant de développer une entreprise, des emplois.... Cette confusion est malheureusement savamment entretenue (entre autres par le MEDEF qui ne rend pas un grand service aux entreprises dans ce contexte).

    Ensuite il y a un outil fantastique pour atténuer les disparités ou les inégalités trop grandes (quelle que soit l'origine de sa fortune), et ce d'autant plus que le "mérite absolu" ça n'existe pas; cet outil c'est la fiscalité. J'avais écrit sue ce sujet ici: http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/les-milliardaires-philantropes-et-79663

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