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vendredi 25 janvier 2013

Echapper au déclin : les illusionnistes

Après une fin d'année 2012 où j'avais laissé la frustration et l'indignation me gagner, retour à une analyse économique plus froide et posée en ce début d'année 2013. J'ai donc décidé de faire mon propre état des lieux de la situation économique 2013. Jean Bourdariat et Elodie Brun ont travaillé sur la matière brute que j'ai livré, l'ont polie, vérifiée, enrichie afin de la publier par épisodes sur leur site Humandee. Qu'ils soient ici remerciés pour la qualité du travail qu'ils ont fourni et pour la plus-value apportée à mon travail. La première partie se bornait à un simple constat avec l'ambition d'une certaine amplitude dans les sujets balayés et une volonté de vulgarisation. Cette fois-ci, je passe en revue les tentations malheureusement bien présentes de chercher des solutions simples ou simplistes, instrumentalisées par des vendeurs de rêves. Ainsi que l'éternelle tentation du retour vers le passé au moment où il faut faire le deuil d'une certaine forme de société ...

Peut-on effacer trente ou quarante ans d’accumulations de dette publique, et si oui comment ? Effacer, sans doute pas, mais des pays, peu nombreux, sont parvenus diminuer significativement la dette dans des délais relativement courts, plus courts en tous cas qu’une génération, comme la Suède et le Canada
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Au milieu des années 1990 la dette publique suédoise approchait 80% du PIB. Elle a fortement diminué ensuite, et se situe en 2010 à moins de 40%. La dette publique du Canada est quant à elle redescendue de d’environ 60% du PIB à moins de 30%, avant de remonter un peu à partir de 2008. Ces deux pays sont parvenus à ce résultat en menant des politiques économiques vigoureuses, qui ont été au final acceptées par leur opinion publique. La Suède a totalement refondé son système de pensions avec la mise en place d’une retraite notionnelle (« à points ») sous l’égide d’un régime unique, garant d’une meilleure transparence (information annuelle claire via une lettre orange reçue par tous les bénéficiaires) et d’une meilleure cohésion entre les citoyens. Un bémol toutefois sur ces exemples : le Canada et la Suède ont bénéficié d’une conjoncture mondiale favorable pour se réformer (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui) et ont usé (notamment le Canada) du taux de change de leur monnaie (c’est impossible au sein de la zone euro et difficile pour l’euro vis-à-vis des autres monnaies).
En France, le débat semble tourner autour de solutions dont leurs défenseurs savent au fond d’eux-mêmes qu’elles ne marchent pas, ou font preuve d’un aveuglement idéologique. Commençons par examiner les arguments des illusionnistes. Nous verrons ensuite les options plus réalistes.

Les illusionnistes.

- Les tenants du serrage de ceinture : le peuple en a bien profité, on a trop accordé de droits, de vacances, de salaires élevés, serrons-nous la ceinture, tout ira mieux. Cette solution est notamment prônée par les conservateurs, par les Allemands (pour des raisons que nous verrons) et par une majorité de dirigeants économiques français .
- Les tenants de la relance keynésienne : je cite Keynes à contrecoeur car la pensée de cet immense économiste ne peut être réduite au « multiplicateur keynésien » invoqué ici et là, en oubliant au passage les conditions de son bon fonctionnement. Ses apôtres militent pour une p

3 commentaires:

  1. Salut,
    Je trouve dommage que tu mettes la décroissance dans le camp des illusionnistes. Non que je me range là dedans par idéologie. C'est juste que la décroissance, à cause de problèmes de ressources (notamment énergétiques) et comme tu le notes pertinemment, s'imposera à nous.

    Le souci, c'est que nous avons un camp composé de gens qui ne veulent pas y croire, mais ils n'ont jamais démontré en quoi cette situation n'était pas inéluctable.

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  2. @Romuald TISSERAND : Note bien que dans chacune des réponses illusionnistes, il y a une part de vérité. Il faut de la "tenue budgétaire" (mais pas d'austérité), plus aider les pauvres (relance keynesienne), de l'innovation etc etc
    C'est le fait de croire que cette SEULE réponse est la bonne, en la poussant à fond, que je qualifie d'illusion. La seule qui est contestable même à petite dose, est la stigmatisation des étrangers. Et encore, le fait de vouloir contrôler l'immigration n'est pas une réponse inacceptable (mais la stigmatisation oui).
    Donc sur la décroissance, je ne dis pas que poursuivre un but de consommation raisonné des ressources, d'arriver à une société moins "vorace" n'est pas un but louable et surtout nécessaire et inévitable. Ce que je pense, c'est que miser sur cette SEULE solution pour sortir de la crise actuelle est un mirage. Par contre, que l'on doive inclure cette solution dans la "réponse globale", là oui bien sur

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