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mardi 22 janvier 2013

Monographie d'un single : Pink Floyd - High Hopes (1994)


Pink Floyd – High Hopes (1994)



High Hopes”, c’est tout sauf une chanson pour teenagers. Quand elle est sortie, j’avais 22 ans et je suis passé à côté. J’en ai 40 aujourd’hui et elle figure à mon Panthéon personnel. Elle parle de remords, de regrets, du temps qui passe et de ce que l’on en a fait, du désir, de l’ambition, de leur réalisation ou, au contraire, de la frustration qui grandit en nous. Non, décidément, pas une chanson pour les « 20 something ».

La chanson fait en permanence référence à un passé mythifié (« The grass was greaner (…) The nights of wonder ») qui est celui de la jeunesse de l’auteur (« the place we lived when we were young »). L’ambition de la chanson est assez simple à décrypter “the ringing of the division bell had begun”. La « division bell », qui donne son nom à l’album, est la cloche du Parlement Anglais qui signale aux membres de celui-ci qu’ils vont devoir choisir leur camp en vue d’un vote. Il s’agit donc d’un inventaire de vie, plus ou moins à mi-parcours, où se lit le regret voire le remord (« Steps taken forwards but sleepwalking back again. Dragged by the force of some inner tide »), une faim inassouvie malgré la gloire et les succès (« Encumbered forever by desire and ambition There's a hunger still unsatisfied”) mais aussi un début de renoncement, annonciateur d’une forme de sagesse (“The water flowing. The endless river. Forever and ever »)

Un autre fait transparaît clairement dans cette chanson : Pink Floyd et notamment Roger Waters, ne s’est jamais remis du départ de son premier leader, Syd Barrett, en 1972. Celui-ci a été mis dehors par les autres membres car il s’enfonçait (plus que les autres) dans le LSD. Entre 1975 et 2006, Barrett a vécu retiré du monde avant de mourir à 60 ans d’un cancer du pancréas. Visiblement, Waters vit avec le regret et la culpabilité liés au destin de Barrett même si la décision qu’il a prise était apparemment la bonne. Il exprimait ce sentiment dès 1975 dans « Wish you were here ». A la fin du clip de « High Hopes », on voit une statue monumentale du buste de Syd Barrett. Culpabilité et regret éternels.

L’autre fait marquant, c’est la langue. Roger Waters a rencontré Syd Barrett au lycée de Cambridge. Tous les membres du groupe sont des enfants de la classe moyenne anglaise (le père de Gilmour était par exemple maître de conférences à Cambridge). Et ils n’ont jamais vraiment renié leur lien à certains attributs du Royaume. Certes, leurs penchants psychédéliques ne les inclinaient pas non plus à une dévotion exagérée envers la Reine Mère mais les paroles de « High Hopes » montrent leur attachement à la langue anglaise. Les mots sont ciselés dans un anglais très « Oxford » et les références sont érudites (la Division Bell).
Je n’ai jamais vraiment aimé le Floyd, j’ai évidemment écouté The Wall et Money comme les autres gens de ma génération mais la forme ne me plaisait guère et le fond ma paraissait par trop convenu. Les chansons planantes ne sont pas trop mon truc non plus, à part peut-être « Learning to fly ». Reste cette veine issue de la rupture avec Barrett, les regrets et interrogations de ces sexas. 

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