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jeudi 14 février 2013

Echapper au déclin : dette, rembourser ou pas ?

J'ai commencé un petite synthèse à ma sauce de l'état économique de la France. L'idée était de sortir de l'aspect négatif, critique voire volontiers imprécateur qui avait caractérisé ma prose à la fin de 2012 pour travailler sur un état des lieux moins "impressionniste" avec l'aide active et l'oeil très acéré de Jean Bourdariat et d'Elodie Brun du site Humandee qui m'ont aidé à la fois à formaliser cette synthèse, à articuler les arguments, à challenger les hypothèses et les constats ainsi qu'à apporter des compléments.

Vous trouverez la partie 3 (rembourser ou pas la dette ?) et la partie 4 (Remettre l'économie française sur ses rails), fraîchement publiés sur le site Humandee. Certes, la partie 4 me laisse un goût de "revenez-y" qui appellerait une partie 5 (non rédigée à ce jour) plus fouillée en explorant plus opérationnellement les pistes disponibles pour s'en sortir, les moyens et les conséquences (liste non exhaustive) :
  • Tenter de recréer un peu d'inflation (la difficulté étant dans le "un peu", cf la fameuse comparaison du "tube de dentifrice") pour éroder la dette. Une version light de l'"euthanasie des rentiers" obtenue par exemple en désindexant les pensions de retraite de l'inflation (sujet déjà mis sur la table par le gouvernement)
  • Promouvoir la créativité, l'envie, la jeunesse au détriment des situations acquises. Ca ressemble à un thème principal de la campagne de F.Hollande sauf qu'il n'y avait pas grand chose en face. La France d'aujourd'hui favorise le CDI vs CDD/Interim, vieux vs jeunes, patrimoine vs début dans la vie, propriétaires vs accédants, rentes vs création. Pas question évidemment de démolir le CDI ou d'envoyer les vieux ad patres dans le dénuement mais de changer le système pour laisser la place aux jeunes, aux non-diplômés, à ceux dont le capital de départ n'est pas conséquent. A la seule condition qu'ils aient l'envie, la créativité, le talent et qu'ils travaillent pour développer tout cela. 
  • Faire de la "vraie" création monétaire au niveau de la BCE comme le font la Fed ou la BoE et racheter des titres de dette nationale avec (comme l'a fait massivement la Fed). Bref, rayer une partie de la dette d'un trait de plume. Les incidendes économiques sont nombreuses (avec un lien possible avec le retour de l'inflation) mais les conséquences sont surtout politiques : l'Euro étant la monnaie de 17 pays, à qui profiterait la manoeuvre ? Au détriment de qui ? Les allemands craignent bien sûr que le profit soit pour le Sud et la paume pour eux (avec les autrichiens ou les hollandais)
  • Faire un défaut sélectif, en faisant tomber le tabou de l'intangibilité du remboursement de la dette, chose impensable pour un grand pays occidental (la France ne se voit pas comme l'Argentine, l'Islande ou la Grèce) et repoussoir absolu pour l'Allemagne. L'objectif serait d'effacer une partie de la dette en "spoliant" une partie des prêteurs de façon à retrouver une marge de manoeuvre budgétaire (en clair, revenir à l'équilibre et cesser d'alimenter la spirale de la dette). Mais il faudrait arriver à une spoliation sélective intelligente qui fasse en gros payer les plus fortunés des épargnants (un impôt exceptionnel) sans dissuader ceux-ci de continuer à prêter au pays. Le tout en ne générant pas un aléa moral qui fasse que les gouvernants ré-empruntent illico et se retrouvent dans la même situation 10 ans plus tard. Ce reset doit être le point de départ d'une nouvelle gouvernance économique française européenne, sans quoi la défiance des épargnants (et des citoyens) sera assurée. Faisons table (un peu) rase et recommençons mais autrement.
  • Redéfinir le modèle social et le périmètre d'action de l'Etat, ce qui ne veut pas dire privatiser à tout va ou "casser les services publics" mais se concentrer sur l'essentiel, le faire bien, le faire mieux, le faire plus équitablement. Le "compromis social" actuel date de la Libération, il est nécessaire de le repenser, de l'adapter en profondeur et de cesser de le "patcher" sans fin, de complexifier en rafistolant avec des bouts de ficelle. Il faudrait notamment, pour assurer une meilleure équité et surtout une meilleure cohésion sociale, avoir un système moins corporatiste (les centaines de régimes de retraite en sont un bon exemple) et plus universel. Cela prend 10 ans, et doit faire l'objet d'un accord entre les parties de gouvernement sans quoi ce bouleversement majeur est impossible à mettre en oeuvre
  • Repenser le modèle européen qui agit sur le mode technique et éventuellement tactique mais jamais stratégique. Définir ce que nous voulons être d'ici 2040 (une génération) et qui est le "nous" ? Ensuite viendra le "comment" et les solutions techniques. Si l'Europe n'est pas capable de proposer une vision et de produire des symboles, le "citoyen européen" ne verra pas le jour, les "égoïsmes nationaux" (ou plutôt les intérêts nationaux, "égoïsme nationaux" est un jugement de valeur mais le fait que chaque pays tire la couverture à lui est-il un égoïsme ou simplement le symptôme d'une Europe dysfonctionnelle ?) prendront le dessus, les mouvements populistes fleuriront et l'Europe volera en éclat. Ou pire ...
A suivre donc ...

1 commentaire:

  1. À un moment ou un autre , chaque homme, femme ou enfant seront confrontés à la question de rachat de Dette . Même se il a été reconnu qu'il a un rôle important à jouer dans le développement de l'homme , de rachat Dette ne est pas donné crédit si mérite d'inspirer un grand nombre des mondes de peintres célèbres . Il a toujours le pouvoir de choquer les socialistes , qui vient ne aiment pas ce genre de chose . En gardant tout cela à l'esprit , dans cet essai, je vais examiner les grandes questions .

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